La reprise économique est encore incomplète, dit Ben Bernanke

Washington — Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke, qui achève son mandat à la fin du mois, a estimé vendredi que la reprise économique était encore « incomplète ».

Dans un discours devant la réunion annuelle de l’American Economic Association à Philadelphie, M. Bernanke a également évoqué ses huit ans passés à la tête de la Fed, au cours desquels il a fait face à la pire crise économique depuis la Grande dépression.

« Nul besoin de le dire, mon mandat a été riche en événements, pour la Réserve fédérale, pour le pays comme pour moi-même, a-t-il lancé. Nous avons pris des mesures extraordinaires pour faire face à des défis économiques extraordinaires », a poursuivi M. Bernanke qui doit être remplacé le 1er février par Janet Yellen.

Rappelant que le taux de chômage était redescendu à 7 % contre 10 % à l’automne 2009, il a toutefois estimé qu’«en dépit des progrès, la reprise demeurait de toute évidence incomplète. À 7 %, le taux de chômage reste élevé », a-t-il ajouté, pointant le grand nombre de chômeurs de longue durée et la réduction de la participation à la force de travail qui indique que des travailleurs potentiels renoncent à chercher un emploi.

Croissance décevante

Selon lui, une croissance « décevante » de la productivité est aussi en partie responsable de la lenteur de l’expansion économique américaine. « Les raisons de cette faible hausse de la productivité ne sont pas claires », a-t-il déclaré, notant que la sévérité de la crise financière, en réduisant l’offre de crédit, avait peut-être « inhibé l’innovation, les investissements productifs et la création de nouvelles sociétés ».

La décision de la Fed en décembre de diminuer légèrement son soutien monétaire à la reprise ne signifie « pas une diminution de son engagement à maintenir une politique monétaire hautement accommodante aussi longtemps que nécessaire », a redit M. Bernanke. Il a rappelé l’intention de la Fed de maintenir les taux proches de zéro « bien après » que le chômage sera retombé sous les 6,5 %.

Enfin M. Bernanke a insisté sur ses efforts pour rendre la Fed plus transparente, qui était un de ses objectifs initiaux avant même que la crise financière n’éclate.