Turquie : une crise à «100 milliards»

Plus des deux tiers (71 %) de 132 p.-d.g. de sociétés turques ou étrangères implantées en Turquie redoutent un sérieux impact de la crise sur l’économie en 2014.
Photo: Agence France-Presse (photo) Ozan Kose Plus des deux tiers (71 %) de 132 p.-d.g. de sociétés turques ou étrangères implantées en Turquie redoutent un sérieux impact de la crise sur l’économie en 2014.

Le gouvernement islamo-conservateur turc a continué lundi à combattre le « complot » que constitue, à ses yeux, le scandale politico-financier qui l’éclabousse et dont il a chiffré le coût pour l’économie à déjà plus de 100 milliards de dollars.

 

Sur fond de net rebond des marchés financiers, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a réuni pour la première fois sa nouvelle équipe ministérielle, remaniée dans l’urgence la semaine dernière après la démission de trois ministres mis en cause par l’enquête anticorruption qui fait tanguer le sommet de l’État.

 

À l’issue de cette réunion de mobilisation, le porte-parole du gouvernement Bülent Arinç a encore une fois dénoncé un « piège » destiné à « faire de l’ombre au prestige de la Turquie, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières ».

 

« Nous parlons de dommages d’un montant de plus de 100 milliards de dollars », a insisté le vice-premier ministre devant la presse, en référence à la dégringolade de la monnaie et des marchés turcs provoquée la semaine dernière par cette crise politique sans précédent.

 

La livre et la bourse d’Istanbul ont nettement repris des couleurs lundi.

 

La devise turque s’échangeait à la clôture à 2,1239 livres pour un dollar, contre 2,1492 vendredi, tandis que le principal indice de la bourse stanbouliote (BIST 100) concluait la séance sur une forte hausse de 6,42 %.

 

Délibérément optimistes, le ministre des Finances Mehmet Simsek a espéré un ressaisissement « rapide » des marchés et son nouveau collègue de l’Économie Nihat Zeybekçi a parié sur leur retour au calme « d’ici la fin de la semaine ».

 

Mais les patrons de Turquie restent, eux, beaucoup plus inquiets. Interrogés par le magazine Ekonomist, plus des deux tiers (71 %) de 132 p.-d.g. de sociétés turques ou étrangères implantées en Turquie redoutent un sérieux impact en 2014 sur l’économie du pays, déjà affectée par la crise et la politique monétaire de la Fed américaine.