L’industrie de l’aluminium veut plus de place dans les infrastructures

L’industrie de l’aluminium veut accroître sa présence dans les appels d’offres portant sur les infrastructures publiques.
Photo: Source Rio Tinto Alcan Shawinigan L’industrie de l’aluminium veut accroître sa présence dans les appels d’offres portant sur les infrastructures publiques.

De la parole aux actes. L’industrie de l’aluminium veut accroître sa présence dans les appels d’offres portant sur les infrastructures publiques et a formellement inscrit un des siens au Registre des lobbyistes afin de faire valoir les arguments.

 

Selon une inscription qui a fait son apparition lundi, le président de la Grappe industrielle de l’aluminium du Québec, Luc Roby, souhaite entrer en contact direct avec différents ministères et les maires de plusieurs grandes municipalités, dont Montréal, Laval et Longueuil.

 

« L’organisme fera des représentations auprès d’élus et de fonctionnaires afin qu’une orientation soit prise pour favoriser spécifiquement une plus grande utilisation du matériau aluminium dans les investissements en infrastructures », peut-on lire dans l’entrée au Registre.

 

« Par exemple, les ponts, bâtiments et infrastructures publics. Pour ce faire, nous demandons à ce que l’aluminium soit intégré dans le devis des appels d’offres comme matériaux qualifiés », conclut le document soumis par la Grappe industrielle de l’aluminium.

 

M. Roby se réserve le droit de contacter les ministères des Affaires municipales, des Finances, des Transports et du Conseil exécutif, de même que les villes de Trois-Rivières et Sherbrooke.

 

Il a été impossible hier de joindre les responsables de la Grappe.

 

Au cours des derniers mois, cependant, l’industrie a fait valoir la pertinence pour le secteur de participer davantage aux grands travaux, notamment la réfection et la construction de ponts. S’appuyant sur une étude commandée par l’Association de l’aluminium du Canada (AAC) et le ministère des Finances, la Grappe a indiqué le 29 novembre que de 500 à 700 ponts à courte portée devront être remplacés chaque année au cours des prochaines décennies.

 

« Ce type d’infrastructure représente un débouché idéal pour l’aluminium transformé au Québec », avait alors affirmé la Grappe dans un communiqué en mentionnant qu’un sous-groupe devrait se pencher sur l’intégration de l’aluminium dans les ponts.

 

Le président de l’AAC, Jean Simard, avait ajouté que « le but de la Grappe est précisément de rapprocher les donneurs d’ordres et l’industrie. Elle dispose maintenant de tous les outils pour coordonner des synergies qui favoriseront la valorisation de l’aluminium que nous produisons au Québec dans le cas précis de nos infrastructures routières ».

 

En entrevue au journal Les Affaires il y a deux semaines, M. Roby a indiqué qu’il y a un projet-pilote de tablier de pont en aluminium à Saint-Ambroise, au Saguenay, mais « qu’aucune entreprise d’ici ne peut répondre » à l’appel d’offres. « Les composants viennent de l’Europe et des États-Unis. Deux options seront examinées : soit trouver des entreprises au Québec et les amener à répondre aux demandes (par la formation, l’innovation, le transfert de connaissances, l’acquisition d’équipement), soit créer une coentreprise avec une entreprise étrangère pour réaliser le travail ici », avait-il dit.

 

Le Plan québécois des infrastructures 2013-2023, dévoilé au mois d’avril dernier, a chiffré par exemple à 31,6 milliards les sommes allouées au secteur du transport (routes, ponts, viaducs, échangeurs et transport collectif) et 8,1 milliards en infrastructures municipales (ce qui comprend notamment des usines de traitement d’eau, des complexes, etc.).

 

La Grappe de l’aluminium a été mise sur pied en octobre dernier avec des appuis financiers de 2,5 millions provenant des gouvernements et du secteur privé, dont Rio Tinto Alcan et Alcoa.