La coopération est plus aisée en matière de finance que de défense

La chancelière allemande, Angela Merkel, discute avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.
Photo: Agence France-Presse (photo) Lionel Bonaventure La chancelière allemande, Angela Merkel, discute avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Pour la première fois depuis 2008, les dirigeants européens ont débattu jeudi de la défense et adopté une série de programmes de coopération qui illustrent la volonté d’avancer « pas à pas » dans un domaine où les États veulent préserver leur autonomie.

 

« La défense compte », ont affirmé les chefs d’État et de gouvernement à l’issue de deux heures de discussions à Bruxelles. « L’Union européenne doit exercer de plus grandes responsabilités » face aux défis de sécurité auxquels les 28 pays sont confrontés, plus nombreux depuis le début du Printemps arabe. Mais au-delà de ces déclarations, la réunion a remis en lumière les divergences entre les 28 pays de l’Union européenne sur ce sujet sensible qui touche directement à la souveraineté des États.

 

Le premier ministre britannique, David Cameron, a marqué haut et fort les limites du débat en réaffirmant que Londres bloquerait toute initiative allant dans le sens de la création d’une défense européenne. Les dirigeants européens ont eu du mal jeudi à faire progresser leur coopération en matière de défense, quelques heures après un accord majeur sur les banques.

 

Le sommet s’était ouvert sur une note plus positive dans la foulée d’un accord sur l’union bancaire, le projet censé éviter à l’avenir que les problèmes des banques ne se répercutent sur l’ensemble de l’économie. Après des mois de blocage, dû en grande partie aux élections allemandes, les ministres des Finances sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi à s’entendre sur le mécanisme destiné à régler le sort des banques en faillite de la zone euro. Un compromis jugé « décisif », voire « historique ».

 

Mais les critiques n’ont pas tardé, certains responsables reprochant au mécanisme retenu sa complexité, en particulier Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui a jugé le compromis « inquiétant » et a prédit de « très longues négociations ».

 

Les Européens progressent aussi à pas comptés sur un chantier de plus longue haleine, celui de l’approfondissement de l’union économique et monétaire, c’est-à-dire du renforcement du contrôle des politiques économiques des États membres. Les Allemands insistent pour sanctuariser la discipline budgétaire au travers de « contrats » entre États et institutions européennes, alors que les Français plaident pour plus de « solidarité » financière entre Européens.

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