Un arbre debout dans la ville génère de la richesse pour tous les citoyens

Cerisier en fleurs dans Central Park, New York
Photo: Agence France-Presse (photo) Stan Honda Cerisier en fleurs dans Central Park, New York

L’exemple de New York illustre les progrès qui peuvent être réalisés en matière d’environnement, d’économie et de qualité de vie lorsque les villes entreprennent un virage vert, conclut la Banque TD.

 

Les gouvernements dits « supérieurs » ne sont pas toujours les mieux placés pour mettre en place les conditions nécessaires pour amener le « verdissement de l’économie ». Les décideurs municipaux sont notamment bien plus susceptibles de connaître la réalité et les besoins particuliers des citoyens et des entreprises de leurs communautés et d’adopter les politiques les mieux adaptées, rapportent les économistes Craig Alexander et Connor McDonald dans une note de recherche dévoilée par leur institution financière mardi.

 

New York en est un bon exemple, expliquent-ils. La Grosse Pomme a, en effet, acquis la réputation d’être l’une des villes les plus vertes aux États-Unis ces dernières années. « Ce succès est largement attribuable à une direction forte et une politique environnementale progressiste qui ne voyaient pas la question environnementale comme un coût, mais plutôt comme une occasion à ne pas rater. » Cette approche, disent les auteurs, permet non seulement à New York de réduire son empreinte environnementale tout en aidant son développement économique, mais aussi de s’attaquer à d’autres « grands enjeux liés au développement urbain, tels que sa croissance, le chômage et la santé publique ».

 

New York compte ainsi 50 % plus d’espaces verts (20 % de son territoire) que la moyenne des grandes villes américaines (14 %), de même qu’elle consomme 50 % moins d’électricité et 50 % moins d’eau par personne.


Des arbres qui rapportent

 

Son exploit en matière d’espaces verts est d’autant plus admirable que les terrains sont plus chers et plus rares que n’importe où ailleurs aux États-Unis. On y est parvenu grâce à une défense acharnée des espaces existants ainsi que par la mise en place de toutes sortes de subventions et d’incitatifs fiscaux visant la conversion d’anciens espaces industriels.

 

La logique en est que ces espaces verts rapportent plus cher avec leurs arbres que s’ils étaient utilisés pour construire de nouvelles tours. Ces arbres ne font pas qu’embellir et revitaliser les quartiers, relève la Banque TD, ils améliorent la qualité de l’air, réduisent le nombre d’hospitalisations liées, entre autres, au cas d’asthme chez les enfants, tempèrent le climat et diminuent par conséquent les coûts énergétiques liés à la climatisation, captent des gaz à effet de serre, protègent les systèmes d’égouts en retenant l’eau lors de grandes pluies et augmentent sensiblement la valeur des propriétés immobilières. Les seules retombées économiques approchent ainsi annuellement 210 $ par arbre, ou 5,60 $ pour chaque dollar dépensé pour leur entretien.

 

En matière d’énergie électrique, New York a l’avantage de profiter de la très grande concentration de sa population et de la plus grande efficacité énergétique des grands bâtiments, mais elle y a mis aussi d’importants efforts qui ont pris, notamment, la forme d’un programme d’encouragement à l’économie d’énergie. Ce programme devrait lui coûter la rondelette somme de 5 milliards, mais lui permettre de réaliser des économies de 12 milliards pour un joli profit net de 7 milliards sur 10 ans.

 

Pour réduire la consommation d’eau à son plus faible niveau en 50 ans, on s’en est principalement remis à l’installation de compteurs individuels. En plus d’aider à dresser un portrait plus clair des besoins et des nombreuses fuites du vieux système d’aqueduc, ce changement a permis d’abonner un système de prix fixe pour une tarification en fonction du volume d’eau utilisé, pariant, à raison, que les consommateurs allaient, ainsi, se montrer plus soucieux de réduire les gaspillages.

 

De bas en haut

 

« En matière de politiques environnementales, l’imposition de règles du haut vers le bas est utile, mais ne peut pas être le seul moyen privilégié. Les décideurs politiques locaux disposent aussi, en la matière, d’un point de vue et de pouvoirs législatifs leur permettant d’adopter, de bas en haut, des politiques aux importantes retombées positives », résument nos deux économistes de la Banque TD.

 

L’exemple de New York montre, selon eux, qu’en combinant lutte pour l’environnement et développement urbain, on cesse de voir la question environnementale comme un coût et l’on permet de s’allier les forces du marché pour « améliorer l’environnement, augmenter la valeur du parc immobilier, réduire les dépenses, créer des emplois et rehausser la qualité de vie ».

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