2014 sera meilleure pour le Canada

« Une économie plus forte aux États-Unis, un huard plus faible et des prix du pétrole stables sont les principaux facteurs qui entrent dans les prévisions de croissance provinciales », note l’un de ces économistes de la Banque de Montréal, Robert Kavcic.
Photo: - Le Devoir « Une économie plus forte aux États-Unis, un huard plus faible et des prix du pétrole stables sont les principaux facteurs qui entrent dans les prévisions de croissance provinciales », note l’un de ces économistes de la Banque de Montréal, Robert Kavcic.
L’accélération longtemps attendue de l’économie américaine et l’affaiblissement du dollar canadien aideront les exportations manufacturières canadiennes et québécoises à enfin redécoller, prédisent des analyses.

« L’amélioration de la croissance économique aux États-Unis l’an prochain devrait sortir le secteur canadien des exportations de son marasme, en plus de s’avérer le catalyseur d’une croissance économique plus forte », annonce la Banque TD dans la plus récente version de ses prévisions économiques dévoilées lundi.

Portée par une économie américaine dont la croissance réelle passera de seulement 1,8 % cette année à 2,7 %, en 2014, et à 3,1 %, en 2015, l’économie canadienne devrait elle-même voir sa croissance s’accélérer de 1,7 %, cette année, à 2,3 %, l’an prochain, et à 2,4 % l’année d’après, prédit la TD.

Les analystes de la Banque de Montréal arrivent sensiblement aux mêmes conclusions dans leurs propres prévisions aussi dévoilées lundi. Ils parient de leur côté sur une croissance au Canada de 2,3 %, en 2014 (contre 2,7 % aux États-Unis), et de 2,5 % en 2015 (2,9 % aux États-Unis).

« Une économie plus forte aux États-Unis, un huard plus faible et des prix du pétrole stables sont les principaux facteurs qui entrent dans les prévisions de croissance provinciales », note l’un de ces économistes de la BMO, Robert Kavcic. Longtemps décrit comme une économie à deux vitesses — avec les dynamiques provinces de l’Ouest, d’un côté, et de moroses provinces de l’Est, de l’autre côté —, le Canada devrait se révéler plus équilibré à la faveur notamment de la reprise américaine et de son impact sur les exportations manufacturières québécoises et ontariennes.

Embellie au Québec

La BMO prévoit ainsi que la croissance économique québécoise passera de seulement environ 1 %, cette année, à 1,8 %, l’an prochain, et à 2 %, en 2015.

C’est un peu plus optimiste que l’était, la semaine dernière, la Banque Royale dans ses propres prévisions pour le Québec, qui s’établissaient à 1,1 %, pour 2013, 1,8 %, pour 2014, et 1,6 %, pour 2015. C’est toutefois plus modéré que le Conference Board du Canada qui disait, au début de la même semaine, douter que la balance commerciale bascule en faveur de l’économie québécoise, mais qui lui prédisait néanmoins une croissance de 0,9 % cette année, de 2,1 % l’an prochain et de 2,2 % l’année d’après.

Un dollar à 88 ¢US

L’un des grands avantages sur lesquels devraient désormais pouvoir compter les exportateurs canadiens est la dépréciation du dollar canadien. Selon la BMO, sa valeur devrait s’établir tout juste sous la barre des 91 ¢US à la fin de l’année prochaine. La Banque TD la voit encore plus bas un an plus tard, depuis les derniers signes d’assouplissement de la politique de la Banque du Canada, c’est-à-dire à 88,5 ¢US à la fin de 2015.

Cette histoire d’accélération de la reprise aux États-Unis a déjà été tellement souvent annoncée qu’elle « peut sonner comme un disque rayé », admet la Banque TD. Ce qui permet de croire que cette fois-ci est la bonne, dit-elle, est, entre autres choses, la bonne tenue de l’économie américaine en deuxième moitié de l’année, l’entente intervenue au Congrès pour éviter une nouvelle impasse budgétaire à court terme, ainsi que les leçons qu’on a tirées de la première tentative avortée de retrait des mesures exceptionnelles d’assouplissement monétaire par la Réserve fédérale américaine. La capacité de cette dernière d’entreprendre ce retour à la normale, sans provoquer une remontée en flèche des taux d’intérêt et enrayer la reprise, reste le principal facteur d’incertitude, note la TD.

Scepticisme au Québec

Les entreprises québécoises attendent encore d’être convaincues que la reprise américaine est bel et bien arrivée, a constaté lundi le Mouvement Desjardins en rapportant les plus récentes mesures de son Indice précurseur sur l’économie québécoise. La confiance des entrepreneurs tarde encore, en effet, à se redresser et leurs intentions d’investissements s’avèrent, tout au plus, stables. La récente hausse de l’activité économique et le redressement de l’emploi permettent cependant « d’espérer que la croissance économique sera un peu plus ferme au cours des six prochains mois », note Desjardins.

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