Le marché de l’habitation montre des signes de ralentissement

Les analystes estiment que la construction de 180 000 unités sur une base annualisée permettrait d’atteindre le point d’équilibre.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les analystes estiment que la construction de 180 000 unités sur une base annualisée permettrait d’atteindre le point d’équilibre.

Ottawa — Le marché canadien de l’habitation a montré des signes de ralentissement le mois dernier, alors que les mises en chantier ont chuté un peu plus que prévu tout en étant demeurées à des niveaux que de nombreux analystes jugent trop élevés pour être maintenus.

 

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a annoncé lundi que les mises en chantier d’habitations avaient reculé à un taux annualisé de 194 014 en novembre, soit 3 % de moins que les 195 274 d’octobre et environ 3000 de moins que ce à quoi s’attendaient les analystes.

 

Le ralentissement a surtout été observé en Ontario, où la baisse a été de 16,6 %, ainsi que dans les provinces du Canada atlantique, où les mises en chantier ont dégringolé de pas moins de 24,8 %. Cependant, les mises en chantier de copropriétés ont augmenté de 12,5 % en Colombie-Britannique, de 9,1 % dans les Prairies et de 0,8 % au Québec.

 

La Banque du Canada et le gouvernement fédéral sont préoccupés depuis un bon moment par le secteur de l’habitation, craignant qu’une croissance au-dessus de son potentiel soit suivie d’un affaissement soudain et dommageable une fois que les taux d’intérêt commenceront à augmenter, ce qui déclencherait un ralentissement de l’économie dans son ensemble.

 

Les analystes estiment que la situation idéale pour le marché canadien de l’habitation serait un lent ralentissement, au contraire d’un effondrement soudain. «Il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais ce n’est pas assez vigoureux — il faut que le chiffre [annualisé] atteigne environ 180 000», a affirmé Benjamin Tal, économiste en chef adjoint chez Marchés mondiaux CIBC. «Mais le marché de l’habitation n’est pas en train de fondre. Les gens qui s’attendaient à un écrasement vont être déçus», a ajouté le spécialiste.

 

Les économistes croient que les mises en chantier devraient atteindre un niveau annuel moyen de 175 000 à 180 000 afin d’absorber la croissance démographique du Canada.

 

Néanmoins, le marché canadien de l’habitation s’en va dans la bonne direction, ont indiqué des analystes. Le secteur s’est quelque peu animé durant l’été et au début de l’automne, mais les chiffres de novembre laissent croire à une stabilisation. En données réelles, le nombre des mises en chantier a été de 17 153 à la grandeur du pays en novembre, en baisse par rapport à celui de 18 173 de la même période il y a un an.


Par Julian Beltrame