L’Inde rejette tout compromis à Bali

Nusa Dua – L’Inde a campé jeudi sur ses positions, rejetant toujours un compromis qui pourrait permettre un accord, même a minima, à la ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Bali, et ainsi sauver une OMC menacée d’obsolescence.

« Nous ne céderons jamais », a averti le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, à moins de 24 heures de la clôture de la réunion des 159 États-membres de l’OMC à Bali. La veille, le tonitruant ministre avait sèchement rejeté un compromis sur la demande de son pays d’abolir le plafond imposé par l’OMC aux subventions agricoles, dans le cas où ces dernières serviraient à la mise en œuvre de programmes alimentaires.

« Le droit à la sécurité alimentaire est non-négociable. Les Nations unies le reconnaissent », a-t-il souligné, qualifiant de « défectueux » l’accord signé lors de la création de l’OMC en 1995 et qui plafonne les subventions agricoles, même quand elles sont destinées à aider à nourrir les plus pauvres.

« L’Inde parle au nom de la vaste majorité des populations des pays en développement et des pays pauvres. L’Inde n’est pas seule », a souligné le ministre, s’efforçant de ne pas faire paraître son pays comme celui qui pourrait faire capoter un accord à la ministérielle sur l’île indonésienne, ce qui menacerait la survie même de l’OMC.

« Si l’Inde dit non à un accord, l’Inde prend une responsabilité majeure aux yeux du monde. Je ne la stigmatise pas, mais quand on est une grande puissance, on prend ses responsabilités », a averti la ministre française au Commerce extérieur, Nicole Bricq, dans un entretien à l’AFP. « L’Inde ne pourra pas dire que ce sont les riches contre les pauvres, que c’est le Nord contre le Sud, car l’UE n’est pas le moteur dans cette affaire. La facilitation des échanges, ça profite à tout le monde et particulièrement aux plus vulnérables », a-t-elle ajouté.

La position indienne bloque un accord sur le « paquet de Bali » qui doit être adopté à l’unanimité. Cet ensemble de mesures a minima, surnommé un « Doha léger », est présenté comme un moyen de relancer les négociations sur l’ouverture du commerce mondial, paralysées depuis leur lancement en 2001 à Doha, capitale du Qatar. Un intense ballet diplomatique se poursuivait ainsi pour tenter de rallier l’Inde.

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