Le Régime des rentes tient le coup

En 2011, la Régie a chargé un comité d’experts présidé par Alban D’Amours, ex-président du Mouvement Desjardins, de revoir la santé du système de retraite.
Photo: - Archives Le Devoir En 2011, la Régie a chargé un comité d’experts présidé par Alban D’Amours, ex-président du Mouvement Desjardins, de revoir la santé du système de retraite.

La Régie des rentes du Québec maintient que la cotisation idéale pour stabiliser le régime public à long terme se situe à 11,02 %, c’est-à-dire un peu plus que le taux de 10,8 % déjà prévu par la loi pour 2017.

 

Ce « taux d’équilibre » publié hier dans la nouvelle évaluation actuarielle de la Régie, qui fait cet exercice tous les trois ans, est exactement le même que celui que la direction du régime avait estimé au mois de décembre 2010.

 

Les cotisations au Régime des rentes sont payées à parts égales entre employeurs et travailleurs. Présentement, le taux est de 10,20 %, mais en vertu de la loi, il doit grimper de 0,15 % par année jusqu’en 2017. Ensuite, un mécanisme automatique prévoit son alignement sur le taux d’équilibre.

 

En 2012, a ajouté la Régie, 4 millions de personnes ont injecté dans le régime la somme globale de 11,9 milliards. En contrepartie, 1,75 million de personnes ont reçu des prestations de 11,2 milliards. La réserve se chiffre à environ 40 milliards et les frais d’administration l’an dernier ont été de 149 millions.

 

« Les cotisations sont plus élevées que les sorties de fonds jusqu’en 2018 et permettent ainsi d’accroître la réserve. À partir de 2019, une partie des revenus de placement provenant de la réserve doit être utilisée pour financer l’excédent des sorties de fonds sur les cotisations »,indique la Régie des rentes dans son document de 170 pages qui porte sur l’état du régime en date du 31 décembre 2012.

 

« Ce taux [d’équilibre de 11,02 %] est celui qui, appliqué hypothétiquement à partir de 2018, permettrait de stabiliser à long terme le rapport entre la réserve et les sorties de fonds. »

 

L’équivalent fédéral de la Régie des rentes, le Régime de pensions du Canada, perçoit une cotisation de 9,9 %.

 

L’état des régimes de retraite — à la fois publics et privés — est sous les projecteurs depuis quelques années en raison du vieillissement de la population et de la tourmente des marchés financiers. Dans le monde municipal, par exemple, les maires tentent de trouver un moyen de réduire le déficit actuariel des régimes afin, disent-ils, de ne pas alourdir le fardeau des contribuables. D’ailleurs, ils étaient réunis à Montréal, jeudi, pour faire le point.

 

En 2011, la Régie a chargé un comité d’experts présidé par Alban D’Amours, ex-président du Mouvement Desjardins, de revoir la santé du système de retraite.

 

Le comité a proposé une rente longévité, qui offrirait des prestations aux travailleurs de 75 ans et plus. Il y voyait une façon d’alléger la pression sur les régimes complémentaires. Financée tant par les employeurs que les travailleurs, la rente n’a pas survécu au poids du doute émis par certains, dont le patronat.

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