Congrès de l’UPA - François Gendron vante l’action de son gouvernement

François Gendron
Photo: La Presse canadienne (photo) Clément Allard François Gendron

Tout en saluant les efforts déployés par le gouvernement du Québec afin de renforcer la protection des terres agricoles, le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, a appelé jeudi le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, François Gendron à « mieux protéger les activités agricoles ».

 

Le gouvernement péquiste a pris les « moyens nécessaires pour assurer que les terres agricoles demeurent la propriété des Québécois », notamment en modifiant la Loi sur l’acquisition de terres agricoles par des non-résidents, a souligné à gros traits M. Gendron, jeudi, à l’occasion de son passage au congrès annuel de l’UPA. « Est-ce qu’on doit s’arrêter là ? La réponse est non », a-t-il toutefois ajouté.

 

Le gouvernement élabore actuellement un « outil financier » afin de favoriser l’acquisition de terres agricoles par des producteurs agricoles, tout particulièrement les membres de la relève, a-t-il précisé. « Non pas par des consortiums ou des fonds d’investissement. »

 

L’équipe de la première ministre, Pauline Marois, entend aussi « renforcer » prochainement le régime de protection des terres agricoles adopté sous le gouvernement de René Lévesque en relâchant la « pression de l’urbanisation » et en « favorisant l’occupation dynamique du territoire ».

 

Le vice-premier ministre estime avoir coupé sec la « tendance de construire en zone verte ce qui peut très bien se faire en zone blanche » en faisant avorter au cours de l’été le projet de construction d’une gare de l’Agence métropolitaine de transports (AMT) sur des terres agricoles à Mirabel. « [Depuis] M. Meilleur [le maire de Mirabel], ce n’est pas mon admirateur numéro un. C’est plutôt l’inverse », a-t-il lancé devant un parterre de centaines de membres de l’UPA.

 

« Plusieurs ont trimé dur pour se tailler une place en agriculture, mais ils l’ont fait avec passion, détermination et courage. C’est le cas de toutes les personnes ici. Mais, dites-vous bien que les défis sont beaucoup plus nombreux et difficiles pour ceux qui commencent aujourd’hui plutôt qu’il y a 40 et 50 ans », a déclaré M. Gendron, sept mois après avoir dévoilé la Politique de souveraineté alimentaire du Québec. « Je n’ai pas développé de politique bioalimentaire pour le MAPAQ, pour moi, pour les agriculteurs en fin de carrière, pour les gentlemen-farmers. J’ai fait ça pour vous permettre de démarrer, d’acheter, d’exploiter et de profiter de votre entreprise agricole », a-t-il ajouté.

 

Le gouvernement péquiste a notamment bonifié des programmes d’aide à la relève. « Ce n’est pas assez », a admis M. Gendron. Cela dit, « le problème n’est pas uniquement le fric ou l’aide disponible » aux yeux du ministre de l’Agriculture. Il s’agit également de « la difficulté à susciter chez les jeunes le goût de s’établir en agriculture », a-t-il suggéré, non sans susciter des froncements de sourcils dans les rangs de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ).

 

Environ 1000 finissants se tournent bon an mal an vers les terres agricoles, a fait remarquer Yourianne Plante de la FRAQ.

 

Par ailleurs, le ministre a promis de suggérer « avant Noël » des pistes de solution afin de voir piquer du nez le nombre de producteurs agricoles « victimes d’une hausse fulgurante de la valeur foncière ». « Ils n’ont pas à assumer seuls un tel fardeau. » L’un des participants au congrès de l’UPA, Jean-Raphaël Bouchard, aurait espéré une annonce à cet égard mercredi. « Aujourd’hui, les municipalités sont en train de faire leurs budgets, sont en train de les adopter, et début janvier, elles vont envoyer les comptes de taxes par la poste », a-t-il déploré.

 

Le gouvernement fera connaître aussi d’ici la fin de l’année une stratégie d’achat local destinée à ouvrir grandes les portes des réfrigérateurs et des garde-manger des cuisines des établissements publics et parapublics, dont les établissements de santé et d’éducation. Comme il l’avait promis en mai dernier, au dévoilement de la Politique de souveraineté alimentaire, « l’État [fera] sa part », a soutenu M. Gendron.

 

Le numéro un de l’UPA, Marcel Groleau, souhaite voir le ministre Gendron rivaliser d’adresse politique afin de mieux protéger les activités agricoles face aux municipalités et aux MRC. Se faisant tirer l’oreille par des citoyens, de plus en plus de municipalités forcent les entreprises agricoles à revoir leurs pratiques afin de mettre fin à des « nuisances » — bruit et odeurs, notamment. « La loi n’est pas claire sur les activités agricoles. Ce qu’on veut dans le fond, c’est que le producteur qui fait une pratique légitime sur son entreprise soit protégé contre une municipalité ou des voisins qui décideraient que cette pratique légitime-là dérange », a expliqué M. Groleau.


Maxime Bernier en terrain hostile

 

Les producteurs laitiers et fromagers québécois « ne doivent pas être les victimes » de l’accord de libre-échange Canada-Union européenne, a averti M. Gendron, jeudi, attendant toujours une esquisse du plan compensatoire promis par le premier ministre canadien, Stephen Harper, à l’occasion de la signature d’une entente de principe sur un Accord économique et commercial global (AECG). « Le plan compensatoire devra être connu avant la ratification finale du Québec », a-t-il précisé.

 

M. Gendron a appelé les participants au 89e congrès de l’UPA à « casser la cassette » du gouvernement fédéral sur les impacts du projet de vaste accord de libre-échange sur les producteurs laitiers et fromagers du Québec. « [Les membres du gouvernement fédéral] ont prétendu, eux, que la croissance naturelle de la consommation de fromage, ça va tout régler. C’est faux ! » s’est-il exclamé.

 

Il a invité les membres de l’UPA à presser de questions le ministre d’État à l’Agriculture, Maxime Bernier, « de la grande visite », sur le sort réservé par le gouvernement Harper aux producteurs laitiers et fromagers. L’élu conservateur a prévu jeudi de « mettre en relief les avantages [de l’AECG] » au Centre des congrès de Québec.

À voir en vidéo