Grande-Bretagne - Le soleil pointe à l’horizon

Le ministre des Finances britannique, George Osborne, a traversé la tempête en imposant une rigueur budgétaire dont il tire maintenant les bénéfices.
Photo: Agence France-Presse (photo) ?Justin Tallis Le ministre des Finances britannique, George Osborne, a traversé la tempête en imposant une rigueur budgétaire dont il tire maintenant les bénéfices.
Londres – Le ministre britannique des Finances prononce jeudi son traditionnel « discours d’automne » sous des cieux plus cléments, avec une probable révision en forte hausse des prévisions de croissance à un an et demi des élections, sans perdre de vue le cap de la rigueur.

George Osborne s’adressera à la Chambre des Communes pour faire, comme chaque année, le point sur la situation économique du pays et annoncer de nouvelles mesures dans le cadre de ce correctif budgétaire. Mais contrairement à l’an dernier où il avait été forcé d’admettre que l’austérité allait durer plus longtemps que prévu et d’annoncer des prévisions de croissance en forte baisse, le Chancelier de l’Échiquier « va présenter son quatrième discours d’automne dans un contexte économique amélioré de façon spectaculaire », selon Capital Economics.

Tirée par l’activisme monétaire de la Banque d’Angleterre et un rebond marqué de la consommation et du marché immobilier, l’économie britannique a en effet remonté la pente de façon impressionnante depuis le début de l’année. « L’économie est passée d’un état désespéré à la reprise », résume Simon Wells de HSBC.

De quoi permettre jeudi l’annonce d’une révision en forte hausse des prévisions de croissance, comme l’ont déjà fait le FMI et l’UE. Selon le consensus des économistes, la croissance britannique devrait s’inscrire à 1,4 % cette année, contre 0,6 % prévu en mars lors du budget, et à 2,3 % l’année prochaine, contre 1,8 %. Conséquence de cette croissance plus solide, le déficit a reculé ces derniers mois et les prévisions budgétaires devraient elles aussi être plus optimistes.

« Alors que les élections législatives de mai 2015 approchent, le Chancelier devrait laisser une certaine marge de manœuvre pour des cadeaux » aux ménages dans le cadre du prochain budget, estime Howard Archer, économiste d’IHS Global Insight.

Le gouvernement Cameron n’a d’ailleurs pas attendu. Il a annoncé dès lundi des mesures destinées à réduire les prix de l’énergie alors que la hausse des factures est l’une des premières préoccupations des Britanniques. Il tente ainsi de reprendre l’initiative face à l’opposition travailliste qui a mis ce sujet, et plus largement la baisse du pouvoir d’achat, au centre du débat politique en promettant de geler les prix de l’énergie si elle remporte les élections en 2015. Au-delà de l’énergie, M. Osborne pourrait annoncer un gel ou une réduction de la taxe sur les biens immobiliers des entreprises, afin notamment d’aider les PME, et une taxe sur les ventes de biens immobiliers détenus par les riches étrangers, accusés d’alimenter le risque de bulle immobilière à Londres.

Austérité

Le Chancelier, qui a toujours résisté aux appels de l’opposition à desserrer l’étau de l’austérité, devrait mettre en avant la réussite de son plan A. Mais il se gardera d’adopter un ton triomphant, selon les observateurs, et insistera sur la nécessité de maintenir le cap de la rigueur durant plusieurs années encore. Hérité largement du sauvetage des banques durant la crise financière, le déficit public représente encore environ 7 % du PIB après trois ans et demi de sévère austérité mise en œuvre depuis l’arrivée du gouvernement au pouvoir en 2010.

« Dans le cadre du discours d’automne, je dirai que le travail n’est pas terminé, car nous devons continuer à prendre des décisions difficiles pour sécuriser la reprise. Nous voulons que la reprise soit responsable », a insisté dimanche M. Osborne sur la BBC. « Nous voulons apprendre des erreurs du passé, et ne pas assister à une résurgence des problèmes dans le secteur financier qui ont mis ce pays à genoux », a-t-il ajouté.

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