N’enterrez pas BlackBerry trop vite, dit le patron par intérim

Le patron de BlackBerry a tenté de rassurer ses clients et ses actionnaires, disant que l’entreprise est là à long terme.
Photo: La Presse canadienne (photo) Geoff Robins Le patron de BlackBerry a tenté de rassurer ses clients et ses actionnaires, disant que l’entreprise est là à long terme.

Une semaine après avoir assisté au départ de trois piliers de l’équipe de direction, le patron par intérim de BlackBerry affirme que la compagnie n’a pas dit son dernier mot et qu’elle s’affaire à retourner à ses racines.

 

Dans une lettre ouverte à sa clientèle commerciale et à ses partenaires, John Chen déplore qu’il y ait « beaucoup de bruit » entourant l’avenir de l’entreprise, mais ajoute que « l’affiche à vendre » a disparu et que « nous sommes ici pour rester ».

 

« Les investissements que vous avez effectués en infrastructure de BlackBerry et en services sont sécuritaires », a écrit hier M. Chen, qui assume la direction du groupe depuis le milieu du mois de novembre. « Je ferai en sorte que les lignes de communication demeurent ouvertes tout au long de la transition. »

 

« En résumé, l’annonce de notre mort est grandement exagérée », a-t-il ajouté dans sa lettre, qui s’est butée à une certaine dose de scepticisme dans la presse technologique et les réseaux sociaux.

 

BlackBerry, dont le cours de l’action a plongé de 87 % depuis cinq ans, tente désespérément de rassurer sa clientèle et ses actionnaires depuis quelques mois. Au coeur des inquiétudes figure notamment la faiblesse des ventes de ses nouveaux appareils Z10 et Q10 qui devaient redorer le blason de l’entreprise.

 

Le titre de BlackBerry a progressé de 9 ¢ à 6,80 $ hier à la Bourse de Toronto.

 

Pas pour tout le monde

 

Mais John Chen a insisté sur le fait que les appareils fabriqués par son entreprise « ne sont pas pour tout le monde » et que « c’est bien comme ça ». Il a toutefois précisé que l’offre de services de BlackBerry va au-delà des téléphones : l’entreprise inclut dans son logiciel BES10 une façon de gérer tant ses propres appareils que des téléphones iPhone ou Android.

 

« Je crois à BlackBerry et je suis convaincu de notre avenir, de notre technologie et de notre capacité d’adaptation aux besoins changeants dans le marché », a conclu M. Chen.

 

Des données publiées hier montrent que BlackBerry n’a vendu que 0,8 % des nouveaux appareils aux États-Unis au cours du trimestre clos à la fin du mois d’octobre. En Chine, la part de marché était inexistante alors qu’en Europe (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Espagne), elle s’est repliée à 1,8 %, comparativement à 5,1 % l’an dernier.

 

Les derniers chapitres de BlackBerry ont été chargés. Après avoir examiné ses possibilités au cours de l’été, la compagnie a annoncé en septembre que Fairfax Financial, alors actionnaire à 10 %, offrait au nom d’un consortium une somme de 4,7 milliards pour l’ensemble de l’entreprise. La proposition était alors conditionnelle à la vérification des livres.

 

Quelques jours plus tard, les états financiers du troisième trimestre montrent toute la gravité de la situation. Les téléphones invendus forcent alors BlackBerry à inscrire une charge de 934 millions. La perte nette se chiffre alors à 965 millions. Et les revenus de 1,6 milliard ne sont que la moitié de leur niveau de 2012.

 

Le mois dernier, Fairfax a retiré l’offre du consortium, se contentant d’injecter de l’argent en achetant des obligations de sept ans tout juste émises par la compagnie. Dans cette transaction d’un milliard, Fairfax en achète pour 250 millions. Par la même occasion, on annonce le départ du grand patron, Thorsten Heins.

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