Début des consultations du Québec sur l’oléoduc d’Enbridge: la pétrolière plaide sa cause

<p>De passage à Montréal lundi, le président d’Enbridge, Al Monaco, a promis de remplir les conditions préalables à l’inversion du flux de la canalisation 9B fixées par l’Office national de l’énergie (ONE), mais pas nécessairement celles de l’Assemblée nationale du Québec.</p>
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir

De passage à Montréal lundi, le président d’Enbridge, Al Monaco, a promis de remplir les conditions préalables à l’inversion du flux de la canalisation 9B fixées par l’Office national de l’énergie (ONE), mais pas nécessairement celles de l’Assemblée nationale du Québec.

Un an après avoir été évoquée par le gouvernement Marois, la consultation sur le projet de transport de pétrole brut de l’Ouest jusqu’à Montréal par oléoduc a finalement débuté ce mardi. La commission parlementaire a lancé ses travaux en entendant longuement la présentation d’Enbridge, la pétrolière qui pilote le projet.

Le porte-parole de l’entreprise, Éric Prud’homme, a insisté sur la «sécurité» du pipeline 9B, construit en 1975. Selon ce qu’il a dit, une telle installation peut aisément être utilisée pendant des décennies sans risques pour l’environnement et les populations.

 

Enbridge a aussi soutenu que le fait d’inverser le flux dans cet oléoduc et de faire passer la capacité quotidienne de transport de 240 000 à 300 000 barils ne présente pas de menaces environnementales particulières.

 

Selon M. Prud’homme, la pétrolière a aussi appris des erreurs du passé. Il estime qu’Enbridge est une «meilleure» entreprise qu’en 2010, année où une rupture majeure dans un de ses oléoducs a laissé couler quelque 3,2 millions de litres de pétrole dans la rivière Kalamazoo au Michigan. Trois ans et un milliard de dollars plus tard, les travaux de nettoyage ne sont toujours pas terminés.

 

De passage à Montréal lundi, le président d’Enbridge, Al Monaco, a promis de remplir les conditions préalables à l’inversion du flux de la canalisation 9B fixées par l’Office national de l’énergie (ONE), mais pas nécessairement celles de l’Assemblée nationale du Québec.

 

Enbridge n’écarte pas la possibilité de passer outre aux exigences posées éventuellement par le gouvernement du Québec avant l’arrivée de 300 000 barils de pétrole de l’Ouest à Montréal. «Il faudra voir. […] Le projet lui-même est de compétence de l’ONE. Je pense qu’il n’y a aucune question à ce sujet», a-t-il déclaré à la veille de l’étude parlementaire.

 

Le gouvernement Harper a déjà fait savoir que c’est lui qui décidera en définitive. À moins d’un revirement inattendu, Enbridge devrait avoir le feu vert au début de 2014. L’évaluation du projet par l’Office national de l’énergie est déjà terminée.

 

Deux semaines de consultations

 

C’est la commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles qui tient les consultations québécoises sur le projet d’Enbridge. Parmi les intervenants qui défileront devant la commission, on retrouve des représentants des pétrolières, des chambres de commerce, de certaines MRC, de municipalités et de groupes environnementaux.

 

Le document de la consultation rendu public par Québec fait largement état du « préjugé favorable » du gouvernement Marois envers l’inversion du pipeline qui amènera le pétrole brut de l’Ouest jusqu’à Montréal avant la fin de 2014. C’est d’ailleurs la ministre déléguée à la Politique industrielle, Élaine Zakaïb, qui siège au nom du gouvernement.

 

Reprenant pour l’essentiel des arguments déjà avancés par Enbridge et la direction des deux raffineries en activité au Québec — notamment dans leurs mandats de lobbying auprès du gouvernement —, Québec estime que ce projet «favoriserait la pérennité des industries québécoises reliées au pétrole et à ses produits dérivés». Pire, ajoute le gouvernement, sans cela, «c’est l’existence même du secteur du raffinage québécois, et des entreprises qui y sont directement reliées, qui serait menacée».

 

Les péquistes rappellent ainsi que, lorsque la ligne 9B a été inversée en 1998, pour couler d’est en ouest, le gouvernement québécois avait fait valoir que le flux devrait être inversé de nouveau si «l’évolution du marché rendait de nouveau le pétrole brut de l’Ouest économiquement attrayant». C’est le cas aujourd’hui. Certains observateurs estiment toutefois que l’écart de prix se résorbera d’ici quelques années, au fur et à mesure que les projets de pipeline se développeront.


 
3 commentaires
  • Roxane Bertrand - Abonnée 26 novembre 2013 14 h 30

    Port pétrolier

    Les bélugas auront-ils le droit de parole aux consultations?

    Une compagnie peut être obliger à prendre soin de l'environnement pour s'installé.

    Vouloir freiner expansion parce qu'il y a des risques n'apporte pas la properité, ni un meilleur environnement. Rendre une compagnie responsable de l'environnement, l'obliger à des résultats écologiques, par exemple sur la population de bélugas, peut être une solution.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 26 novembre 2013 15 h 36

      Freiner l'expansion des sables bitumineux n'apporte certes pas un meilleur environnement, mais ça a le mérite d'éviter qu'il se dégrade à vitesse grand V.

      Pour ce qui est de la prospérité, ce n'est qu'un autre mirage brandit par la racaille pétrolière et les gouvernements qui lui sont inféodés. Qu'a t-elle donné notre richesse, notre prospérité minière, forestière, etc ? Les gens sont encore plus malheureux aujourd'hui, déprimés, et notre société s'en va nulle part. De toute façon, à moyen long terme, il n'y en aura plus pour personne de prospérité. L'apocalypse climatique qui s'en vient règlera notre problème pour de bon.

  • Gaetane Derome - Abonnée 26 novembre 2013 18 h 29

    Décision du gouvernement Harper..

    On dit dans cet article:C'est le gouvernement Harper qui va decider en difinitive...

    Et c'est sans doute pourquoi Ottawa ne tient pas a ce que le Quebec se separe.On veut,en tout temps et pour toutes causes avoir acces sans permission au Saint-Laurent.Pauvres belugas..