La croissance américaine s’accélère

Washington — L’économie des États-Unis a affiché au troisième trimestre son meilleur rythme de croissance de l’année, une accélération qui a surpris les analystes qui l’interprètent toutefois avec prudence.

 

Le PIB américain a crû de 2,8 % de juillet à septembre en rythme annualisé, marquant une amélioration par rapport aux 2,5 % enregistrés au deuxième trimestre et aux 1,1 % relevés sur les trois premiers mois de l’année. L’accélération de l’expansion économique américaine a surpris les analystes qui, dans leur prévision médiane, tablaient sur une croissance plus timide à 1,9 %.

 

La Maison-Blanche s’est félicitée de la bonne tenue de la croissance, tout en anticipant un ralentissement pour le quatrième trimestre du fait du bras de fer avec le Congrès sur le budget qui a conduit à la fermeture partielle des services administratifs pendant plus de deux semaines en octobre.

 

« Au cours du troisième trimestre, l’économie a progressé au rythme le plus rapide de l’année, une indication que la reprise continuait à prendre de la vitesse dans les mois précédant la fermeture des services administratifs », a noté la Maison-Blanche dans un communiqué. Mais elle ajoute qu’au quatrième trimestre, la croissance « sera ralentie par la paralysie du gouvernement qui a duré du 1er au 16 octobre et par la gesticulation politique autour du plafond de la dette ».

 

Progrès modestes

 

Pour de nombreux analystes, l’embellie du troisième trimestre cache des progrès plutôt modestes. « Malheureusement, les détails ne sont pas aussi positifs que les gros titres », notait Jim O’Sullivan, économiste en chef pour High Frequency Economics, estimant que la croissance a surtout été tirée par une accumulation des stocks des entreprises. « La progression du PIB au troisième trimestre est surtout due à une hausse attendue de l’accumulation des stocks qui a ajouté 0,8 point de pourcentage à la croissance », expliquait Peter Newland, de Barclays Research. « Nous suggérons de prendre cette apparente accélération de la croissance avec prudence », ajoutait-il.

 

Si les dépenses de consommation des ménages ont continué de contribuer de façon positive à cette expansion en augmentant de 1,5 %, cette hausse est la plus faible depuis deux ans. « La combinaison d’une demande privée assez morne et d’une augmentation des importations suggère que l’essentiel de l’accumulation des stocks n’était pas voulu, ce qui aura des implications sur l’activité du trimestre suivant », soulignait Harm Bandholz, économiste en chef pour UniCredit Economics.

 

Les dépenses de l’État fédéral, en recul depuis plusieurs mois du fait des coupes budgétaires automatiques, ont été en retrait de 1,7 %, un impact qui devrait être encore plus fort au trimestre suivant.


Par Virginie Montet

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