Une société soeur d’Aveos prend de l’expansion au Salvador

Dès 2009, les syndiqués d’Aveos avaient évoqué un scénario dans lequel du travail basé au Canada serait éventuellement délocalisé vers des pays où la main-d’œuvre coûte beaucoup moins cher.
Photo: - Le Devoir Dès 2009, les syndiqués d’Aveos avaient évoqué un scénario dans lequel du travail basé au Canada serait éventuellement délocalisé vers des pays où la main-d’œuvre coûte beaucoup moins cher.

Un an et demi après la fermeture d’Aveos, dont les 2600 employés effectuaient l’entretien d’appareils d’Air Canada à Montréal et ailleurs au pays, sa société soeur Aeroman veut investir 60 millions à son installation du Salvador et embaucher 1300 techniciens supplémentaires.

 

Les médias salvadoriens relatent depuis quelques jours que le groupe Aeroman, qui n’a pas été affecté par la fermeture d’Aveos, va mettre à exécution un plan de croissance qui ferait passer de quatre à six le nombre de hangars capables d’accueillir des avions.

 

« Nous aimerions croître au rythme d’une ligne de production par année au cours des cinq prochaines années », a dit à La Prensa Grafica le président de l’entreprise, Ernesto Ruiz. La compagnie compte maintenant 11 lignes de production et 2200 employés qui desservent des clients comme Delta, Avianca, US Airways et JetBlue.

 

Tout comme c’était le cas pour Aveos, dont la société mère Aero Technical Support Services Holdings était enregistrée au Luxembourg et aux îles Caïmans, il est impossible de connaître l’identité actuelle des actionnaires d’Aeroman. Les deux compagnies fonctionnaient de façon distincte.

 

Auparavant, elles étaient toutes deux contrôlées par les Services techniques Air Canada (STAC), filiale de Gestion ACE Aviation. En 2007, ACE a vendu 70 % de STAC et celle-ci est devenue Aveos en 2008.

 

Cependant, M. Ruiz a récemment confirmé au Devoir des informations voulant que la compagnie ait encore changé de mains. « La transaction a été conclue il y a quelques mois. Je ne peux pas dévoiler la structure de propriété », a-t-il écrit dans un courriel le 11 octobre.

 

Dès 2009, les syndiqués d’Aveos ont évoqué un scénario dans lequel du travail basé au Canada serait éventuellement délocalisé vers des pays où la main-d’oeuvre coûte beaucoup moins cher, comme la République du Salvador.

 

Lors d’une sortie en 2010, l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA) avait affirmé que la société Aveos « a l’intention d’exporter progressivement une bonne partie de ses travaux d’entretien lourd ». À l’époque, Aveos répondait qu’elle n’avait pas l’intention de transférer vers l’étranger l’entretien d’appareils qui était alors effectué au Canada.

 

Jusqu’à la toute fin des activités d’Aveos, son principal client était Air Canada, la nouvelle direction étant vraisemblablement incapable de diversifier le bassin de clients dans un créneau où la concurrence est féroce.

 

À la suite de la fermeture d’Aveos, le gouvernement du Québec a intenté une poursuite contre Air Canada en lui reprochant de ne pas respecter la loi fédérale de 1988 qui impose le maintien de centres d’entretien et de révision dans trois villes canadiennes, soit Montréal, Winnipeg et Mississauga.

 

Air Canada dit notamment que cette disposition est dans ses statuts, que ça ne signifie pas nécessairement de l’entretien lourd et qu’elle fait de l’entretien entre les vols.

 

La Cour supérieure a donné raison au procureur général du Québec en février 2013. Air Canada a porté la cause en Cour d’appel.

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