La banque Barclays suspend six cambistes

Les dirigeants de Barclays avaient déjà essuyé une pluie de critiques l’an dernier en raison de l’affaire du Libor.
Photo: Agence France-Presse (photo) Ben Stansall Les dirigeants de Barclays avaient déjà essuyé une pluie de critiques l’an dernier en raison de l’affaire du Libor.

Londres – La banque britannique Barclays a suspendu de leurs fonctions six cambistes, a-t-on appris vendredi de source proche du dossier, alors que les enquêtes s’intensifient à travers le monde sur de possibles manipulations du marché des changes.

 

Les six courtiers spécialisés dans le marché des devises ont été suspendus de leurs fonctions, a indiqué à l’AFP cette source sous le couvert de l’anonymat. Un porte-parole de Barclays s’est refusé à tout commentaire sur ces informations.

 

La banque, déjà déstabilisée l’an dernier par l’affaire des manipulations du taux interbancaire Libor, avait révélé mercredi faire partie des banques dans le collimateur des autorités pour de possibles manipulations du marché des changes. Barclays « examine ses opérations sur le marché des changes sur une période de plusieurs années jusqu’à août 2013 et coopère avec les autorités compétentes dans leurs investigations », avait-elle déclaré.

 

RBS a également suspendu deux de ses cambistes, a indiqué une autre source proche du dossier à l’AFP. La banque a également refusé de commen ter cette information.

 

« C’est un nouveau coup porté à la réputation de Barclays sous la direction de son directeur général Anthony Jenkins, qui avait promis d’améliorer la gouvernance après le départ de son prédécesseur Bob Diamond l’an dernier », a observé Joe Rundle, courtier chez ETX Capital.

 

L’Autorité de conduite financière (FCA) britannique avait indiqué au printemps avoir débuté une enquête sur l’énorme marché des changes (5300 milliards de dollars par jour) et les investigations se sont depuis étendues à d’autres pays, notamment à la Suisse et aux États-Unis.

 

Citigroup et JP Morgan

 

Les banques américaines Citigroup et JP Morgan Chase ont indiqué vendredi qu’elles faisaient l’objet d’une enquête aux États-Unis et ailleurs sur de possibles manipulations de taux de change. « Des agences gouvernementales aux États-Unis et dans d’autres juridictions mènent des enquêtes ou posent des questions sur les marchés des changes. Citigroup a reçu des demandes d’informations et coopère avec » les autorités, explique Citi dans un document boursier.

 

JP Morgan Chase a également indiqué vendredi dans un document boursier « avoir reçu des demandes d’informations de la part de plusieurs autorités gouvernementales sur ses activités liées aux taux de change ». Ces enquêtes en sont « à un stade préliminaire et la firme coopère avec les autorités concernées », ajoute la première banque américaine en termes d’actifs.

 

Selon des informations du Wall Street Journal, la police fédérale américaine (FBI) a notamment ouvert une enquête criminelle sur ce marché.

 

La FCA britannique et la Finma suisse avaient annoncé ces dernières semaines avoir lancé des enquêtes en collaboration avec d’autres autorités étrangères sur de possibles manipulations du marché des changes, un nouveau scandale potentiel qui pourrait entacher la finance internationale après celui des manipulations du taux interbancaire Libor.

 

UBS, Deutsche Bank, Royal Bank of Scotland et Barclays ont déjà confirmé faire partie des banques visées par les autorités sur cette nouvelle enquête.

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