SNC-Lavalin essuie une perte de 73 millions

Robert Card
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz Robert Card

Le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Robert Card, semble impatient de replacer l’entreprise sur le chemin de la croissance car il se dit frustré des mauvaises surprises rencontrées depuis le début de l’année.

 

La firme d’ingénierie a encaissé une perte de 72,7 millions au troisième trimestre, quelques semaines après avoir prévenu que son bénéfice serait plus faible que prévu au cours de l’exercice financier 2013. Des révisions défavorables des prévisions des coûts de certains contrats, dont un en Afrique du Nord, ainsi que des coûts de réorganisation en Europe expliquent en grande partie ces résultats, selon SNC-Lavalin. « Non seulement ces projets affectent notre crédibilité, mais ils influencent également la croissance de notre compagnie dans le futur », a souligné M. Card, vendredi, en marge du dévoilement des résultats trimestriels.

 

L’entreprise, dont la réputation a été entachée par des allégations de malversation, a déjà annoncé son intention de vendre sa participation minoritaire dans la centrale Astoria II, à New York, en plus de dénicher des acheteurs potentiels pour son réseau albertain de transport d’électricité AltaLink. M. Card a même laissé entendre que SNC-Lavalin pourrait vendre la totalité d’Altalink si le prix « était bon ».

 

« Les questions à régler […] ne sont pas simples, mais nous progressons rapidement dans le but d’améliorer le rendement de la société et d’établir des assises solides pour favoriser notre croissance future », a souligné le p.-d.g. du géant montréalais de l’ingénierie.

 

Plus tôt ce mois-ci, l’entreprise avait indiqué que son bénéfice pour l’exercice 2013 devrait osciller entre 10 millions et 50 millions, un montant bien en deçà des prévisions de 220 millions à 235 millions. « Les décisions que nous avons prises au troisième trimestre étaient certes difficiles, mais nécessaires », a reconnu M. Card.

 

Des contrats non rentables ainsi que la réorganisation en Europe pourraient engendrer des coûts supplémentaires d’environ 75 millions, selon l’entreprise, ce qui explique en grande partie cette révision à la baisse.

 

Décote

 

Cette situation avait incité Dominion Bond Rating Service, la seule agence de notation canadienne, à abaisser de BBB (élevé) à BBB avec une perspective négative la cote de la firme d’ingénierie.

 

Les dirigeants de SNC-Lavalin ont aussi l’intention de continuer à appliquer divers moyens afin de réduire les coûts. « Ça peut aller de réduire notre nombre de compagnies afin de regrouper des gens jusqu’à mieux dépenser pour nos coûts de transport », a dit M. Card.

 

La perte nette par action s’est établie à 48 ¢ au trimestre terminé le 30 septembre. Pour la période correspondante de l’année dernière, le bénéfice net de SNC-Lavalin se chiffrait à 114,1 millions, ou 75 ¢ par action. Les résultats nets provenant des investissements dans l’autoroute ontarienne 407 et AltaLink, entre autres, ont presque doublé pour atteindre 55,7 millions. Au troisième trimestre de 2012, ils étaient de 30,9 millions.

 

En ce qui a trait au carnet de commandes de la firme d’ingénierie, il atteignait 9 milliards, comparativement à 10,1 milliards lors de la période correspondante de 2012.

 

M. Card croit que SNC-Lavalin devrait bientôt être en mesure de redresser cette situation, mais n’a pas voulu se montrer trop optimiste pour l’année qui vient. « Nous observons toujours la situation économique mondiale et comment elle pourrait influencer nos clients, a-t-il dit. Je ne veux pas non plus donner l’impression d’être négatif. »

 

L’analyste Pierre Lacroix, des Desjardins valeurs mobilières, ne s’est pas dit surpris de ces résultats trimestriels. « Cela correspond à ce que l’entreprise avait indiqué le 15 octobre », a-t-il écrit dans une note.

 

Maxim Sytchev, de Dundee Marchés financiers, s’attendait également à des résultats de la sorte pour le troisième trimestre. « Nous espérons seulement que cela va paver la voie à de meilleurs résultats pour 2014 et 2015 », a écrit l’analyste dans une note.

 

Cette perte au troisième trimestre n’a pas empêché l’action de SNC-Lavalin de gagner 71 ¢, ou 1,6 %, à la Bourse de Toronto pour clôturer la semaine à 44,52 $.

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