Électrification des transports - Québec investira 500 millions en trois ans

Pauline Marois espère voir au moins 12 500 véhicules électriques de plus sur les routes du Québec d’ici trois ans.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Pauline Marois espère voir au moins 12 500 véhicules électriques de plus sur les routes du Québec d’ici trois ans.

La première ministre Pauline Marois a dévoilé vendredi la Stratégie d’électrification des transports, dans laquelle seront investis 516,1 millions de dollars d’ici à 2017. Le gouvernement péquiste veut notamment voir monter en flèche le nombre de véhicules électriques sur les routes du Québec.

 

« L’objectif de la Stratégie d’électrification des transports est de faire du Québec un leader mondial des transports électriques. Nous voulons ainsi contribuer au développement économique du Québec en misant sur cette filière d’avenir pour créer des emplois », a déclaré Mme Marois, lors d’un déjeuner-conférence de l’Association de l’industrie électrique du Québec (AIEQ). « Avec ce projet emballant, nous pouvons nous enrichir tout en réduisant nos émissions de gaz à effet de serre afin d’atteindre nos cibles ambitieuses pour 2020 », a-t-elle ajouté, bien qu’elle était incapable d’évaluer l’impact de ce volet de la nouvelle politique économique sur les émissions de gaz à effet de serre du Québec.

 

Le gouvernement veut voir rouler pas moins de 12 500 nouveaux véhicules électriques sur les routes du Québec au cours des trois prochaines années. Pour y arriver, il prolongera le programme « Roulez électrique » qui prévoit un rabais pouvant atteindre 8000 dollars à l’achat d’un véhicule tout électrique, et ce, jusqu’au 31 décembre 2016. Selon l’équipe de la première ministre, cette mesure, doublée d’une aide financière maximale de 1000 dollars pour l’installation d’une borne de recharge privée d’une tension de 240 V, permettra de quintupler le nombre de véhicules électriques sur le réseau routier québécois.

 

Le gouvernement veillera de son côté au déploiement de centaines de bornes de recharge publiques sur le territoire québécois, notamment en bordure de l’autoroute 40 et de la route 138 entre Montréal et Québec.

 

La première ministre est persuadée d’avoir élaboré une « stratégie [qui] résout les vrais problèmes rencontrés par ceux qui veulent accéder à un véhicule électrique ».

 

D’autre part, le gouvernement Marois lance l’électrification « progressive » et « obligatoire » de la flotte gouvernementale voulant ériger en modèle à suivre l’État québécois. Environ 2000 nouveaux véhicules électriques auront remplacé les véhicules à moteur à explosion en 2017, promet Mme Marois.

 

Le gouvernement participera également au verdissement du parc des compagnies de taxis en les accompagnant dans l’ajout de 325 automobiles électriques et de 200 autres hybrides.

 

« C’est tout un mouvement qu’on met en branle. Moi, je crois que c’est ça qui va faire la différence », a fait valoir la première ministre, après avoir confirmé qu’à peine 1100 personnes se sont prévalues du programme « Roulez électrique » depuis deux ans. « On va voir 10 000 bornes de recharge au Québec au bout de trois ans. Ce que ça veut dire, c’est qu’il y a vraiment un changement de paradigme », a ajouté l’adjoint parlementaire à la première ministre, Daniel Breton. Pour le responsable du dossier de l’électrification des transports, vendredi était « un grand jour pour le Québec ».

 

Trolleybus, SLR, et cie

 

Par ailleurs, Mme Marois a annoncé la mise sur pied d’un service de 25 trolleybus électriques sur un segment de 10 kilomètres du boulevard Saint-Michel, à Montréal. Elle a également réitéré la volonté du gouvernement de prolonger la ligne bleue du métro et de construire un système léger sur rail (SLR) sur le futur pont Champlain.

 

Le gouvernement péquiste a mis de côté une enveloppe de 516 millions - dont 30 millions d’argent frais - pour le déploiement de ce quatrième volet de sa Politique économique. Le financement du prolongement de la ligne bleue de métro, du SLR et du trolleybus, qui coûtera à lui seul 150 millions de dollars, proviendra du programme d’infrastructures.

 

La Stratégie d’électrification des transports ouvre la porte à la création de 1100 à 2000 emplois et à des investissements de 1,1 milliard de dollars d’ici à 2017, selon Mme Marois. « Il y a vraiment un appétit pour du développement [dans cette filière] », a-t-elle déclaré.

 

La première ministre a fait connaître un « beau plan » bourré de « mesures théoriques » et financé par de l’« argent de Monopoly », a ironisé la députée libérale Fatima Houda-Pepin, appelant Mme Marois à « ne pas lancer dans le vent toutes sortes d’idées, de promesses électorales qu’elle n’est pas capable de concrétiser ». Selon le député caquiste Stéphane Le Bouyonnec, le gouvernement a entre les mains un « projet risqué » et doit jouer de prudence. Il craint que la Stratégie d’électrification des transports soit une « aberration économique qui nous amène vers un gouffre financier », comme le projet de moteur-roue d’Hydro-Québec.

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