Richard Branson se met à l’abri du fisc

Richard Branson aime bien s’associer au drapeau britannique et aux symboles de son pays d’origine. Mais aujourd’hui, il doit expliquer pourquoi il a élu domicile dans un paradis fiscal.
Photo: Agence France-Presse (photo) Carl de Souza Richard Branson aime bien s’associer au drapeau britannique et aux symboles de son pays d’origine. Mais aujourd’hui, il doit expliquer pourquoi il a élu domicile dans un paradis fiscal.

Pour faire la promotion de son empire aux quatre coins du monde, le grand blond hirsute qui se trimbale toujours sans cravate n’a eu de cesse de se draper dans le drapeau britannique. La reine a anobli l’entrepreneur charmeur et effervescent pour services rendus à l’économie. L’imprévisible hippie capitaliste est plus anglais que nature avec son goût pour les plats bourratifs et la bière pompée au tonneau. Et la couleur rouge sang de son logo est aussi franche et affirmée que celles de l’Union Jack.

 

Pourtant, sir Richard Branson, 63 ans, fondateur du Virgin Group, est aujourd’hui un exilé fiscal. Le héros de bande dessinée s’est installé en permanence dans l’île de Necker, dans les Antilles, achetée il y a une trentaine d’années. Or, cet endroit paradisiaque dépend des British Virgin Islands, les îles Vierges britanniques, paradis fiscal off shore comme on n’en fait plus. Cette colonie de la Couronne ne connaît ni impôts ni taxes.

 

On peut imaginer l’embarras du croisé de la lutte contre le réchauffement climatique comme du combat contre la pauvreté dans le tiers-monde devant la divulgation de son nouveau statut fiscal. « Branson abîme son image personnelle en s’expatriant pour échapper à l’impôt », a souligné UK Uncut, une association s’opposant à l’optimisation fiscale pratiquée par de nombreuses multinationales opérant outre-Manche.

 

Conscient de l’effet négatif de cet arrangement sur sa réputation et sur la renommée de la marque Virgin, Richard Branson a expliqué dans son blogue, publié lundi, qu’il ne s’agit pas de mettre son argent à l’abri du fisc. Son domaine de Necker Island lui offre une meilleure qualité de vie que son manoir de l’Oxfordshire. Par ailleurs, à écouter le milliardaire, il se consacre « jour et nuit » à sa fondation caritative. Enfin, ses sociétés et participations sont toutes assujetties à l’impôt britannique.

 

Un récidiviste

 

En fait, la sixième fortune du royaume selon le magazine Forbes est prise à son propre jeu. Les journalistes financiers les plus aguerris ne sont jamais parvenus à franchir le cordon sanitaire dressé par le truchement d’une myriade de trusts familiaux et de sociétés holdings opaques enregistrées dans des paradis fiscaux, à l’image des îles anglo-normandes. Il n’aime pas qu’on lui pose la question, ponctuant ses réponses vagues et embrouillées de longs silences.

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