Le ROC aussi veut bonifier le régime de pensions

Le ministre des Finances de l’Île-du-Prince-Édouard, Wes Sheridan, prône depuis quelques semaines un élargissement considérable du Régime de pensions du Canada afin d’améliorer la retraite des travailleurs de la classe moyenne.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre des Finances de l’Île-du-Prince-Édouard, Wes Sheridan, prône depuis quelques semaines un élargissement considérable du Régime de pensions du Canada afin d’améliorer la retraite des travailleurs de la classe moyenne.

Le débat au sujet du système de retraite, alimenté ici par le rapport D’Amours et une commission parlementaire, va-t-il se reproduire au niveau pancanadien lors de la prochaine rencontre des ministres des Finances ?

 

Si le ministre fédéral des Finances a déjà indiqué aux provinces que le rendez-vous prévu en décembre serait une occasion de parler de retraite, le ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Wes Sheridan, prône depuis quelques semaines un élargissement considérable du Régime de pensions du Canada afin d’améliorer la retraite des travailleurs de la classe moyenne.

 

M. Sheridan propose, par exemple, de hausser les cotisations et le niveau des gains admissibles, lequel passerait de 51 000 $ à 102 000 $. Cela se traduirait par une pension annuelle dont le maximum passerait potentiellement de 12 150 $ à 23 400 $. De 9,9 %, le plafond des cotisations, assumées à parts égales par les employeurs et les travailleurs, passerait à 12,9 %.

 

Selon le Globe and Mail, le ministre fédéral Jim Flaherty a transmis une lettre aux ministres provinciaux leur annonçant l’ordre du jour de la réunion du mois de décembre. Le cabinet du ministre a refusé hier de montrer ce document, mais confirme qu’il s’agit d’un « sujet possible de discussion ».

 

« Le meilleur moment pour planter un arbre, c’était il y a vingt ans », a récemment affirmé M. Sheridan lors d’un discours au Conseil économique des provinces de l’Atlantique, citation chinoise à l’appui. « Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant. Lorsque je verrai mes homologues provinciaux, je leur dirai que c’est le temps de planter des arbres. »

 

Le souhait de M. Sheridan fait suite à un débat entourant la rente longévité - proposée par le rapport D’Amours - et le besoin crucial, selon certains détracteurs, de l’harmoniser à ce que ferait le reste des provinces. La rente longévité aurait consisté à verser des sommes aux travailleurs de 75 ans et plus grâce à un régime alimenté par des cotisations de travailleurs et d’employeurs.

 

Or le Conseil du patronat du Québec s’est positionné contre la rente longévité en affirmant que les employeurs du Québec paient déjà de lourdes taxes salariales et que toute augmentation du fardeau fiscal nuirait à sa compétitivité. (Le rapport a été partiellement mis de côté par la commission, sous prétexte d’un besoin d’études plus approfondies.)

 

Québec suit les discussions «de très près»

 

La ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, qui siégeait à la commission des Finances publiques cet été lorsque le rapport D’Amours a été étudié, « suit de très près les discussions qui se déroulent à l’échelle canadienne », selon son attachée de presse.

 

« On gère la loi, et ce sont les élus qui décident ce qu’ils mettent dedans », a dit le porte-parole de la Régie des rentes, Pierre Turgeon. « Évidemment, on regarde avec intérêt ce qui se passe là-bas. Aussi, depuis la création du Régime de rentes du Québec, il n’a jamais été très loin du Régime de pensions du Canada », a-t-il nuancé.

 

Le taux de cotisation au Régime des rentes, pour l’année 2013, est de 10,2 % du salaire brut d’un employé. Il est déjà prévu qu’il augmentera de 0,15 % par année pour atteindre 10,8 % en 2017.

 

La question consistant à déterminer la meilleure façon d’améliorer le système de retraite face à une épargne individuelle insuffisante a, par ailleurs, incité les syndicats et groupes sociaux à faire la promotion d’une bonification du régime public déjà en place.