Analyse de la Banque TD - Une économie plus verte, même dans ses secteurs les plus polluants

Les industries des sables bitumineux, des mines et de l’automobile ont fait quelques progrès sur la voie du verdissement.
Photo: François Pesant Le Devoir Les industries des sables bitumineux, des mines et de l’automobile ont fait quelques progrès sur la voie du verdissement.

Notre fixation sur la prétendue dichotomie entre les industries vertes et les industries polluantes nous empêche de voir les progrès réalisés par ces dernières en matière d’environnement, met en garde la Banque TD.

 

Aussi mauvaise que puisse être leur réputation, les industries canadiennes des sables bitumineux, des mines et de l’automobile ont quand même fait quelques progrès sur la voie, non pas de l’improbable disparition des secteurs économiques plus polluants, mais du « verdissement » de l’économie prise dans son ensemble, disent les économistes de la TD, Craig Alexander et Connor McDonald, dans une note d’une quinzaine de pages.

 

« La récente perception négative du Canada masque de nombreux changements positifs survenus au sein de notre économie. De nombreuses entreprises reconnaissent que des politiques et des pratiques plus écologiques et durables ne sont pas seulement bonnes pour leur marque et leur réputation, mais qu’elles peuvent aussi engendrer des économies de coûts et de nouvelles sources de revenus. »

 

Les auteurs en veulent notamment pour preuve la réduction depuis 1997 de l’intensité des émissions de gaz à effet de serre au Canada. Bien que le total de ses émissions continue d’augmenter, admettent-ils, chaque accroissement de 1 % de son produit intérieur brut ne s’accompagne plus, aujourd’hui, d’une hausse presque équivalente de GES, mais d’une hausse moitié moins élevée (0,44 %).

 

Les économistes se penchent successivement sur les cas des industries des sables bitumineux, des mines et de l’automobile en fonction de quatre critères : leur conformité à la réglementation, l’amélioration de leur efficacité opérationnelle, le verdissement de leurs processus de production et la création de nouveaux produits et services liés à l’environnement.

 

Ils soulignent notamment que l’industrie des sables bitumineux a réalisé des économies en réduisant de presque 40 % sa quantité d’eau utilisée pour extraire chaque unité de carburant. Ils notent que, contrairement à d’autres produits, les consommateurs n’ont aucun moyen de différencier à la pompe l’essence tirée des sables bitumineux de celle provenant d’autres sources moins polluantes, et donc d’exprimer, avec le porte-monnaie, leur préférence pour ces dernières. Le secteur tout entier n’en est pas moins soumis à d’importantes pressions populaires et politiques pour qu’il améliore son bilan environnemental, précisent les économistes, qui citent comme exemple le débat et les tensions entourant les différents projets de pipelines.

 

Contrairement à ce que plusieurs pourraient croire, affirment par ailleurs Craig Alexander et Connor McDonald, le recours à des systèmes de gestion environnementale et à des guides sur les meilleures pratiques est « très développé et fortement établi » dans l’industrie minière canadienne.

 

« Il est certain que le Canada doit faire plus pour améliorer sa performance environnementale, concluent-ils. Mais nous devons faire attention de ne pas minimiser les progrès que l’industrie, le gouvernement et les citoyens ont accomplis. »

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