Sans-fil - Les enchères se feront sans joueur étranger

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir
Pas de gros joueur étranger comme un Verizon, mais des firmes d’investissement et le fondateur de Mobilicity. Comme prévu, Bell, Vidéotron, Telus et Rogers font partie des compagnies désirant participer aux enchères de spectre sans fil d’Industrie Canada, a indiqué le ministère fédéral hier à quelques mois du début de l’opération.

Le spectre en question est celui de 700 MHz, très recherché, qui traverse facilement les infrastructures et voyage bien dans les tunnels et les ascenseurs. Les enchères, qui réservent des blocs pour les « nouveaux joueurs », auront lieu en 2014.

La liste contient deux firmes d’investissement que sont Catalyst Capital et Birch Hill Equity Partners, lequel est lié au régime de retraite des employés de la fonction publique californienne (CALPERS). Elle inclut aussi la participation de John Bitove, un homme d’affaires torontois qui a fondé en 2008 le petit fournisseur Mobilicity, aujourd’hui en difficulté.

« Bien avant les débats publics de cet été sur la politique du sans-fil, notre gouvernement a pris un certain nombre de mesures afin de créer plus de choix dans le marché canadien du sans-fil, au profit des consommateurs. En conséquence, les prix ont baissé, le nombre d’emplois dans le secteur du sans-fil a augmenté, et les consommateurs ont plus de choix. Cette tendance se maintiendra à la suite des enchères de janvier », a affirmé le ministre James Moore.

« En plus de ces enchères, notre gouvernement continuera à mettre tout en œuvre pour adopter des politiques visant à faire en sorte que les intérêts des consommateurs demeurent au cœur de toutes ses décisions. »

La dernière vente aux enchères, organisée en 2008 et réservant là aussi des blocs de spectre pour les nouveaux joueurs, avait permis à Ottawa de récolter plus de 4 milliards.

Pendant des mois, la rumeur a laissé entendre que Verizon, numéro un de l’industrie américaine, allait débarquer dans le marché canadien en achetant des petits fournisseurs ou en participant aux enchères. Le Globe and Mail a écrit que la compagnie avait envisagé une offre de 700 millions pour Wind Mobile — le plus influent des petits joueurs, qui n’est pas présent au Québec — et qu’il avait aussi discuté avec Mobilicity.

L’idée d’un joueur capable de faire concurrence sur la scène pancanadienne aurait sans doute plu au gouvernement fédéral, ce dernier souhaitant le plus possible stimuler la concurrence dans un secteur dominé par quelques gros acteurs qui contrôlent plus de 85 % du marché dans certaines régions.

Les groupes Bell, Rogers et Telus ont toutefois manifesté leur opposition en faisant valoir qu’ils ont eux-mêmes construit l’infrastructure du sans-fil au pays et que « nouveau joueur » ne devrait pas équivaloir à « nouveau joueur venu de l’étranger ».

Au début du mois de septembre, toutefois, Verizon a affirmé n’avoir « jamais sérieusement envisagé » un investissement en sol canadien.

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