La MMA vendue d’ici la fin de l’année?

Ce qu’il reste de la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) pourrait être vendu d’ici la fin de l’année, et il y a de l’intérêt, affirme l’administrateur judiciaire qui s’occupe des activités américaines de la compagnie.

 

« Il y a un processus de vente qui est déjà entamé. Nous discutons avec des parties intéressées », a dit un avocat de Portland, Robert Keach, lors d’un entretien jeudi avec l’agence Associated Press.

 

Il n’a dévoilé aucun nom, mais dit que « plusieurs » personnes ont manifesté de l’intérêt. « Tous pensent que ça devrait et peut être complété d’ici la fin de l’année. »

 

Quelques semaines après le déraillement du convoi pétrolier qui a tué 47 personnes à Lac-Mégantic, la MMA, basée dans le Maine et contrôlée par une société de Chicago dénommée Rail World, a demandé aux tribunaux la protection contre ses créanciers. Compte tenu de l’ampleur des obligations et de la faiblesse des ressources financières, l’objectif est de maintenir les activités de la compagnie de manière à susciter l’intérêt d’acheteurs potentiels.

 

Liquidités moindres que prévu

 

En sol canadien, la compagnie détient une police d’assurance de 25 millions, mais le coût de décontamination et de nettoyage est évalué à 200 millions, selon la requête déposée en Cour supérieure du Québec au mois d’août. Sans compter les poursuites découlant de l’accident. Québec a déjà promis une enveloppe de 60 millions pour aider à la réhabilitation de la ville, ce qui comprend une aide financière destinée à la délocalisation de commerces et d’établissements. Le gouvernement fédéral a aussi engagé 60 millions.

 

Les livres de la MMA - ce qui comprend les activités canadiennes et américaines - ne sont pas dans un état reluisant. Dans un rapport du syndic Richter déposé le 3 septembre en Cour supérieure (district de Saint-François), on affirme que les liquidités globales de la compagnie auraient dû tourner autour de 1 million au 23 août. Ce n’est pas le cas, puisque dans les faits, le solde de l’encaisse se chiffrait plutôt à 200 000 $.

 

Entre autres, les finances ont été affectées par un écart négatif de 1 million « à l’égard des encaissements, qui découle de retenues de paiements par de nombreux clients à la suite du déraillement, ainsi que d’un déficit au niveau des revenus », indique le rapport.

 

Réseau coupé en deux

 

La compagnie exploite un chemin de fer de 820 kilomètres au Québec et dans le Maine, mais la rupture à Lac-Mégantic coupe le réseau en deux. Le convoi qui a déraillé le 6 juillet contenait du pétrole brut du Dakota du Nord destiné à la raffinerie d’Irving, à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick). Le transport de pétrole, qui connaît une popularité croissante depuis deux ans, représentait pour la compagnie une façon rapide d’augmenter ses revenus.

 

Après avoir d’abord décidé de suspendre son permis le 20 août pour cause d’assurances insuffisantes, l’Office des transports du Canada s’est ravisé et a permis à la MMA de poursuivre ses activités jusqu’au 1er octobre. La MMA « a informé l’OTC du fait que durant la période, elle chercherait à conclure une entente avec un tiers qui agirait à titre d’exploitant intérimaire et prendrait en charge ses activités jusqu’au moment de la vente des actifs », ajoute le rapport de Richter.

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