L’emploi recule encore au Québec

«La première ministre Pauline Marois s’est dite optimiste malgré les données de l'emploi.»
Photo: François Pesant Le Devoir «La première ministre Pauline Marois s’est dite optimiste malgré les données de l'emploi.»

Le taux de chômage revient sous la barre des 8 %, mais l’économie québécoise a perdu 5000 emplois en août après l’hécatombe de 30 400 postes au mois de juillet, indiquent les données de Statistique Canada.

 

La situation des derniers mois est telle que depuis un an, le niveau d’emploi au Québec n’a pas crû, a indiqué l’agence. Des économistes ont précisé que la moyenne des provinces a vécu une augmentation de 1,4 %, comparativement à 2,2 % pour le voisin qu’est l’Ontario.

 

« Les données de ce matin permettent de faire deux constats : d’une part, le tableau de l’emploi se détériore moins au Québec que le mois précédent. D’autre part, la santé du marché du travail se redresse en Ontario », a opiné une économiste du Mouvement Desjardins, Joëlle Noreau, dans une note aux clients.

 

Le taux de chômage au Québec est passé de 8,2 % à 7,9 %, ce qui, selon Statistique Canada, s’explique par le fait que des gens ont quitté le monde du travail. Dans le détail, l’économie a créé 21 200 postes à temps plein, dont l’effet a été contrecarré par la perte de 26 000 emplois à temps partiel. Au Canada, qui dans l’ensemble a observé une création nette de 59 000 emplois, le taux de chômage est passé de 7,2 à 7,1 %.

 

Réactions

 

Alors que le Parti libéral a affirmé que le gouvernement péquiste de Pauline Marois « perd le contrôle de l’économie » et que le PQ « crée de la confusion dans tous les secteurs économiques », la Coalition avenir Québec a jugé la situation « très alarmante ».

 

« Le Québec a un énorme potentiel économique en raison des atouts dont nous disposons : une population bien éduquée, des ressources abondantes, de l’énergie propre et renouvelable, des centres de recherche et des universités de calibre mondial, pour ne nommer que ceux-là. […] Notre économie est paralysée, pendant que les autres provinces continuent de se développer », a dit le nouveau critique en matière de finances du Parti libéral, Pierre Paradis. Il succède à Raymond Bachand, qui quitte la politique.

 

Le gouvernement a préféré s’en tenir aux données enregistrées sur six mois. « Bien que la situation demeure stable, il faut être optimiste, puisque depuis le début de l’année, l’emploi a connu une bonne progression, a dit la ministre du Travail, Agnès Maltais. Le marché du travail québécois fait preuve de solidité, puisque les emplois créés au Québec sont à temps plein. En effet, de janvier à août 2013, [le nombre d’emplois] a progressé de 62 200, dont 52 300 à temps plein, par rapport à la même période en 2012. »

 

La première ministre Pauline Marois, de passage à Boucherville pour l’annonce d’un prêt de 5 millions à l’usine de Danone, qui doit investir 40 millions, s’est dite optimiste malgré les données. Selon La Presse canadienne, elle a notamment mentionné la reprise de l’économie américaine.

 

Le Mouvement Desjardins croit qu’il y aura d’ici la fin de l’année une « amélioration très graduelle du marché du travail ». D’une part, le secteur manufacturier « bat de l’aile » et l’optimisme des entreprises n’est pas au sommet de sa forme. D’autre part, le marché de l’emploi fait des gains aux États-Unis. Même si ces derniers ne sont pas à la hauteur des attentes, cette avancée augure positivement de ce côté-ci de la frontière, a écrit Mme Noreau.

 

Pour l’année 2013 dans son ensemble, les prévisions de croissance économique sont plutôt modestes. À la Banque Nationale, les économistes croient que le produit intérieur brut pourrait croître de 1,2 %, à condition que le volume des exportations maintienne le rythme affiché au cours du deuxième trimestre.

À voir en vidéo