Le chômage baisse un peu aux États-Unis

La population active a diminué aux États-Unis, ce qui explique en partie la baisse du chômage.
Photo: Agence France-Presse (photo) Justin Sullivan La population active a diminué aux États-Unis, ce qui explique en partie la baisse du chômage.

Le taux de chômage aux États-Unis a légèrement baissé en août, mais le nombre d’emplois créés a déçu : cela pourrait toutefois être juste assez pour que la Banque centrale commence à réduire ses mesures de soutien, estiment nombre d’analystes.

 

Le taux de chômage a baissé de 0,1 point à 7,3 % en août atteignant son plus bas niveau depuis décembre 2008, selon les chiffres publiés vendredi à Washington par le département du Travail.

 

Toutefois le nombre de créations d’emplois (169 000) a été décevant, se situant en dessous de la prévision médiane des analystes (177 000). Et surtout les chiffres des nouvelles embauches ont été sévèrement révisés en baisse pour les deux mois précédents.

 

Au total, les nouvelles évaluations du département du Travail ont soustrait 74 000 créations d’emplois en juin et juillet par rapport aux premières estimations. Le rythme de créations mensuelles d’emplois sur les douze derniers mois, qui doit dépasser 100 000 chaque mois pour que le chômage ne monte pas, s’établit en août à 184 000, contre 192 000 en juillet.

 

En outre, la légère baisse du taux de chômage a été aidée par une réduction de la population active de 0,2 point de pourcentage, soit 300 000 personnes.

 

Ce rapport officiel sur l’emploi, que nombre d’analystes qualifient de « faible », devrait toutefois « être juste assez pour commencer à alléger ce mois-ci » la politique monétaire ultraaccommodante menée par la Banque centrale américaine (Fed) pour soutenir l’économie, estime Ian Shepherdson, du cabinet de recherche Pantheon Macroeconomics.

 

La prochaine réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) se tiendra les 17 et 18 septembre.

 

« Nous continuons à nous attendre à ce que la Fed commence à réduire son soutien à l’économie lors de la prochaine réunion, même s’il y aura débat du fait de ces chiffres », estimait également Jim O’Sullivan, chef économiste de HFE.

 

Certains experts pensent toutefois que la Fed ne franchira le pas qu’en décembre. « Le taux de chômage a reculé davantage du fait d’une réduction de la population active que du fait de la création de nouveaux emplois », affirmait Doug Handler, économiste en chef pour IHS Global Insight, qui maintient que « le calendrier le plus probable » pour un allégement des mesures de la Fed « est décembre ».

 

« Je ne comprends pas la précipitation à vouloir réduire les mesures de soutien », ajoutait pour sa part l’économiste indépendant Joel Naroff, pour qui « les gains en terme d’emplois ne sont simplement pas suffisants ».

 

Pour Aichi Amemiya de Nomura, qui croit toujours à une décision de la Fed dès septembre, « vu la faiblesse de ces chiffres, le FOMC pourrait choisir de commencer à réduire ses injections de liquidités d’un plus petit montant » que prévu.

 

La Fed scrute depuis plusieurs mois ces chiffres de l’emploi, espérant réduire progressivement puis cesser ses injections de liquidités dans le circuit financier dès que le taux de chômage atteindra 7 %.

 

Depuis le début de l’année, la Banque centrale achète chaque mois pour 85 milliards de dollars en bons du Trésor et titres hypothécaires, une façon de peser à la baisse sur les taux et de favoriser l’activité économique. Mais depuis le mois de mai, la Fed a hâte de cesser ces dépenses qui alourdissent son bilan, lequel, avec toutes les mesures d’assouplissement monétaire prises depuis six ans, est passé de moins de 900 milliards à plus de 3000 milliards.

 

Il y a un an, le taux de chômage aux États-Unis était de 8,1 %, soit 12,5 millions de chômeurs, contre 11,3 millions le mois dernier.

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