Nicolas Marceau maintient l’objectif du déficit zéro

Le ministre Nicolas Marceau
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Le ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, « garde le cap » sur l’équilibre budgétaire à la fin de la présente année. Pour y parvenir, il entrevoit toutefois une révision de l’itinéraire tracé il y a près d’un an.

 

« Il se peut que le chemin qu’on doive prendre pour arriver l’équilibre budgétaire soit un peu différent », a-t-il affirmé jeudi à l’occasion d’un dîner-conférence de l’Association des économistes québécois (ASDEQ).

 

L’ex-professeur d’économie à l’UQAM a insisté sur l’importance du « déficit zéro » pour d’éventuels investisseurs. « Pour arriver à diminuer les risques liés à l’investissement, moi, je suis fermement convaincu que ça prend un environnement économique [et] fiscal stable et prévisible », a-t-il répété devant à un parterre d’économistes québécois. « La meilleure garantie [d’un environnement stable et prévisible], c’est simple, c’est l’équilibre budgétaire. » « Ici, vous pouvez compter sur un environnement fiscal [et] économique stable, ce qui n’est pas le cas dans les autres provinces et aux États-Unis. Pourquoi ? Eux ne sont pas à l’équilibre budgétaire parce qu’eux n’ont pas pris les décisions difficiles. Nous, nous les avons prises », a-t-il poursuivi.

 

L’ancien ministre libéral Clément Gignac continuera à dormir les poings fermés si le gouvernement péquiste reporte l’atteinte de l’équilibre budgétaire en 2013-2014. Le gouvernement Marois a le contrôle des finances à coeur. Il en a fait la démonstration notamment aux agences de notation, selon l’économiste en chef à l’Industrielle Alliance. À ses yeux, le Québec « ne risque pas une décote » s’il repousse l’atteinte du déficit zéro d’une année. « Et ça ne m’empêchera pas de dormir », a-t-il dit après le dîner-conférence.

 

Assez de compressions

 

L’ex-élu dissuade le gouvernement Marois de procéder à d’autres coupes importantes afin de boucler l’année avec un budget équilibré. « Le Québec ne peut pas se permettre une autre compression d’un milliard de dollars », a-t-il déclaré.Faisant écho aux mises en garde du Fonds monétaire international (FMI), M. Gignac a invité le gouvernement péquiste à ne pas faire du zèle en matière d’assainissement des finances publiques. « Il ne faut pas créer de récession non plus. »

 

Disant ne pas avoir fait de « diagnostic » de la baisse des recettes fiscales, Clément Gignac dit avoir observé « un changement de comportement » des investisseurs. Il soupçonne notamment les atermoiements du Parti québécois avant le dévoilement du projet d’impôt minier d’être à l’origine de la mise en veilleuse de projets miniers d’envergure. Il appelle le gouvernement à faire son « examen de conscience » à ce sujet.

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