Suisse - La leçon aux banquiers

Zurich – L’Association suisse des banquiers (ASB) a appelé mardi à tirer les leçons du passé, après l’accord récent visant à régler le litige fiscal avec les États-Unis, afin de défendre la réputation de la place financière helvétique.

Dans un discours prononcé à Zurich, son président, Patrick Odier, a déclaré que ce n’était pas par manque de compétences ou de connaissances que le secteur s’était retrouvé dans des « situations fâcheuses ».

« Nous en sommes arrivés là parce que nous avons commis des erreurs et que des comportements fautifs ont été mis au jour », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse qui s’est tenue avant l’assemblée générale annuelle de l’association.

« Je le regrette d’autant plus que nous avons nui à la réputation de la place financière suisse dans son ensemble. Il nous appartient d’en tirer les enseignements », a-t-il ajouté.

Après trois années d’âpres négociations, la Suisse et les États-Unis ont signé la semaine dernière un accord qui doit permettre de régler le conflit autour des avoirs non déclarés des clients américains dans les coffres des banques suisses.

Cet accord prévoit de lourdes amendes pour les banques fautives, qui devront s’avancer d’elles-mêmes déclarer si elles souhaitent prendre part à ce programme pour échapper à des poursuites pénales.

Interrogé à plusieurs reprises sur la facture pour l’industrie bancaire helvétique, Patrick Odier a expliqué qu’il ne pouvait pas donner d’estimations tant que les montants des actifs américains, sur la base desquels les amendes seront calculées, ne seront pas connus.

Un programme douloureux

Selon les termes de l’accord, les amendes peuvent grimper jusqu’à 50 % des fonds gérés par chaque établissement.

« Je pense que ce programme sera douloureux pour toutes les banques », a expliqué Patrick Odier qui a toutefois estimé que cette solution était la seule possible pour éviter que les négociations avec les États-Unis ne se prolongent indéfiniment.

Le président de l’ASB n’a pas exclu que quelques établissements qui se seraient trop focalisés sur leurs clients américains connaissent d’importantes difficultés.

Il a cependant insisté sur le fait que les autorités de régulation suisses lui avaient assuré que ce programme était « supportable » pour les banques suisses.

Patrick Odier, qui entend faire en sorte que les banques suisses ne se retrouvent plus jamais dans cette position, a insisté sur le fait que la Suisse va devoir s’engager résolument en faveur du respect des normes internationales.

« Nous devons être plus agiles dans l’anticipation de l’évolution des règles et des standards que, soit les organisations internationales, soit la société, souhaitent fixer », a-t-il souligné.

« C’est pourquoi nous sommes aujourd’hui prêts à nous rallier à des standards internationaux », a-t-il ajouté.

Patrick Odier s’est dit prêt à envisager jusqu’à l’échange automatique d’informations, rappelant qu’il s’agissait d’un changement de position significatif dans ce pays traditionnellement très attaché au secret bancaire.

À voir en vidéo