Sans-fil: Stephen Harper accuse ses détracteurs de faire de la désinformation

Stephen Harper dit compter sur l’appui des consommateurs.
Photo: La Presse canadienne (photo) Frank Gunn Stephen Harper dit compter sur l’appui des consommateurs.

Stephen Harper persiste sur la voie de la défense des intérêts des consommateurs canadiens. Devant cette opposition grandissante accusant son gouvernement de fixer des conditions d’entrée privilégiée sur le marché canadien du sans-fil dont pourraient bénéficier de grands joueurs étrangers, le premier ministre canadien parle de désinformation.

 

« La réalité de la situation, ici, est qu’il n’y a pas de règles spéciales ou d’échappatoires spéciales accordées aux compagnies étrangères. Les règles visent à appuyer l’arrivée sur le marché de tous les nouveaux entrants, qu’ils soient canadiens ou étrangers, afin d’accroître la concurrence, et ce, dans l’intérêt des consommateurs canadiens », a déclaré jeudi Stephen Harper, en réponse à une question posée par un journaliste.

 

Les grandes entreprises canadiennes des télécommunications multiplient les dénonciations publiques de ce qu’ils voient comme étant de grandes failles dans la réglementation actuelle, qui constitueraient autant de privilèges accordés aux nouveaux venus, et dont pourraient profiter des géants comme Verizon. Ces règles d’entrée prévoient, notamment, un accès facilité aux réseaux existants et réservent à ces nouveaux venus potentiels deux des quatre grands blocs composant l’encan du prochain spectre de 700 MHz. Verizon n’a jamais confirmé sa participation aux prochaines enchères de janvier, dont le processus doit s’enclencher le 17 septembre, le géant américain s’en tenant à une manifestation d’intérêt.

 

Bell, Telus et Rogers martèlent que, le cas échéant, un joueur du gabarit de Verizon, dont la taille est quatre fois plus grande que toute l’industrie canadienne du sans-fil, n’a pas besoin de conditions favorables ou privilégiées pour percer le marché canadien.

 

Spéculations

 

Bell en a rajouté jeudi. Le numéro un canadien commentait une rumeur publiée dans le Wall Street Journal prêtant à Verizon l’intention de racheter les 45 % détenus par son partenaire Vodafone dans sa division du sans-fil Verizon Wireless. « La rumeur confirme ce que la majorité des Canadiens dit depuis quelque temps au gouvernement fédéral : une entreprise comme Verizon ayant l’envergure voulue pour envisager une acquisition d’environ 130 milliards $US n’a pas besoin de l’aide d’Ottawa pour livrer concurrence dans le marché canadien du sans-fil », a souligné Bell dans son communiqué.

 

Stephen Harper a réitéré jeudi que la position de son gouvernement reçoit un fort appui des consommateurs canadiens depuis plusieurs années maintenant. Pour sa part, Bell a repris jeudi les résultats d’un sondage national commandé conjointement avec Telus et Rogers indiquant que si les Canadiens souhaitent plus de concurrence, ils se disent favorables à des règles du jeu équitables dans le secteur du sans-fil. De plus, 81 % des répondants estiment que le gouvernement ne devrait pas offrir de traitements de faveur à certains fournisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Au demeurant, si le gouvernement devait créer un avantage sur le marché dans quelque secteur d’activité que ce soit, 70 % des participants disent préférer qu’il favorise les entreprises canadiennes plutôt qu’étrangères, peut-on lire dans ce sondage fait auprès de 2000 Canadiens.

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