Verizon - La bataille du sans-fil unit syndicats et entreprises

Les principaux syndicats canadiens ajoutent leur voix à celle des grands de la téléphonie sans fil pour protester contre l’arrivée possible de Verizon au Canada, au nom du maintien des emplois au pays.

 

Le Syndicat des travailleurs en télécommunications, qui représente près de 12 000 employés de Telus au Canada, et le Syndicat des métallos, actif dans la fabrication, les mines et l’acier, critiquent ce qu’ils appellent la trop grande ouverture du gouvernement conservateur envers le contrôle d’actifs canadiens par des sociétés étrangères. Dans un communiqué commun, les deux syndicats affirment que le rôle du gouvernement devrait être davantage d’établir des lignes directrices pour protéger les consommateurs, d’assurer un service uniforme et de qualité dans toutes les régions et de favoriser le maintien et la croissance de l’emploi au pays.

 

Deux autres syndicats organisent une manifestation à Toronto ce vendredi pour protester contre la décision du gouvernement Harper de permettre au géant américain des télécommunications Verizon de faire concurrence sur le marché des télécommunications au Canada. Le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) et les Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), qui s’unissent pour devenir le syndicat Unifor, ont organisé la marche au centre-ville de Toronto, prévue vendredi midi

 

Accès aux réseaux existants

 

« L’opposition contre l’autorisation accordée à Verizon de prendre le contrôle de notre industrie des télécommunications prend tous les jours de plus en plus d’ampleur », a martelé le président du SCEP, Dave Coles. « L’entente permettra à Verizon d’avoir accès à une technologie développée par et pour les Canadiens, et de supprimer des milliers d’emplois. » « Une fausseté circule en ce moment voulant que l’arrivée de Verizon au Canada va automatiquement faire baisser les coûts pour les consommateurs », a ajouté le président des TCA, Ken Lewenza. « Non seulement ce ne sera pas le cas, mais des emplois au Canada sont menacés. »

 

Le président national du Syndicat des travailleurs en télécommunications, Lee Riggs, proteste également contre le fait que Verizon aurait ainsi un accès au marché canadien en profitant des réseaux construits par ses membres. Pour Ken Neumann, directeur national canadien du Syndicat des Métallos, « le projet des conservateurs en ce qui concerne Verizon est une copie conforme du même plan désastreux qu’ils ont présenté ailleurs. Trop souvent, leur principale politique économique a été de laisser d’importantes sociétés étrangères prendre le contrôle d’actifs canadiens clés et de ne pas tenir compte des conséquences pour les travailleurs et leurs collectivités. Non seulement ces politiques n’ont aucun avantage pour le Canada, mais elles ont été une influence fort négative pour ce qui est des pertes d’emploi et d’investissements ici au Canada ».

 

NPD

 

À l’approche de la date limite pour le dépôt des demandes du nouveau spectre cellulaire de 700 MHz, le 17 septembre, le NPD veut forcer la tenue d’une rencontre d’urgence du Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie. Avec cette motion, la porte-parole de l’opposition néodémocrate en matière d’industrie, Chris Charlton, espère ainsi forcer une discussion autour des politiques en matière de télécommunications sans fil et de la mise aux enchères du spectre mobile commercial, en janvier prochain, et ce, avant la prorogation du Parlement. Dans le cadre de cet encan, deux des quatre blocs du spectre sont réservés aux nouveaux venus.

 

Le NPD a également déposé une motion pour réitérer l’importance d’une concurrence musclée au sein du marché et un accès pour tous les Canadiens à la prochaine génération de réseaux sans fil à un prix abordable. « Les conservateurs ont ignoré notre demande de rappeler le comité d’urgence. Nous n’avons maintenant d’autre choix que de forcer la tenue d’une réunion. Les Canadiens souhaitent mieux connaître les politiques du gouvernement. Un examen est essentiel pour assurer la compétitivité à long terme et des réseaux fiables à grande vitesse et à des prix abordables pour les Canadiens », a déclaré Mme Charlton.

 

Le NPD souhaite notamment que soit examiné spécifiquement le cadre de politiques et d’octroi de licences utilisé par le gouvernement, les impacts sur l’accès aux services sans fil pour tous les Canadiens, les prix que devront payer les Canadiens pour obtenir ces services, et les impacts sur les emplois et sur la vie privée des Canadiens.

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