Sirop d'érable - Une autre bataille contre le monopole de l’UPA

Dénonçant un « cartel de l’érable », des producteurs de sirop d’érable s’efforcent de faire éclater en mille morceaux le système de gestion de l’offre au Palais de justice de Sherbrooke et de… récupérer leurs centaines de barils du précieux liquide.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dénonçant un « cartel de l’érable », des producteurs de sirop d’érable s’efforcent de faire éclater en mille morceaux le système de gestion de l’offre au Palais de justice de Sherbrooke et de… récupérer leurs centaines de barils du précieux liquide.

La Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) tente de repousser une nouvelle charge contre le système de gestion de l’offre régissant la production de sirop d’érable.

 

Dénonçant un « cartel de l’érable », des producteurs de sirop d’érable - qui ont vu leur récolte saisie parce qu’ils s’apprêtaient prétendument à la vendre directement à des clients étrangers - s’efforcent de faire éclater en mille morceaux le système de gestion de l’offre au Palais de justice de Sherbrooke et de… récupérer leurs centaines de barils du précieux liquide.

 

À la demande de la FPAQ, des huissiers épaulés par des agents de la Sûreté du Québec ont mis la main le mardi 16 avril sur le stock de trois érablières en Estrie et en Beauce, soit quelque 200 000 livres de sirop d’érable, d’une valeur d’un demi-million de dollars.

 

Le producteur acéricole Steve Côté de Sawyerville fait partie des producteurs de sirop d’érable touchés. « Sa seule source de revenu, c’est son érablière. Il n’a plus de revenu. Il n’a plus une cenne », avait souligné l’avocat Rock Jolicoeur à TVA Nouvelles dans la foulée de la saisie de 100 barils appartenant à M. Côté. « [La Fédération] n’a aucun droit de propriété là-dessus », avait-il ajouté. Ghislaine Fortin Marois a dit s’être « fait voler » les 142 barils entreposés dans son érablière de Saint-Robert-Bellarmin, GF Marois, qui étaient destinés à des clients au Nouveau-Brunswick, en Ontario et aux États-Unis. « [La FPAQ,] moi, je n’appelle pas ça juste un monopole, j’appelle ça une mafia. » Roger Roy, Dominic Proteau et Gérard Poulin, les propriétaires d’une terre à Saint-Augustin-de-Woburn, ont vu 150 barils faire l’objet d’une confiscation.

 

Les trois groupes de propriétaires demandent que leurs barils chargés de sirop d’érable leur soient retournés illico presto.

 

Ils forment le « noyau dur » des contestataires du système de mise en marché du sirop d’érable, ayant amorcé il y a plus de 10 ans une lutte sans merci avec la FPAQ. « Ce sont des gens qui, malheureusement, on connaît bien », a dit le directeur général de la FPAQ, Simon Trépanier, en entrevue avec Le Devoir.

 

À la mi-avril, ceux-ci s’apprêtaient à contourner la soixantaine d’acheteurs autorisés à faire l’acquisition de sirop d’érable au Québec et à vendre directement leur produit à des clients en grande partie aux États-Unis. Le coup de filet de la FPAQ faisait « suite à plusieurs années de discussions », a précisé M. Trépanier.

 

La FPAQ comptait rembourser au prix courant le stock confisqué. « Certains vont dire qu’on a été bons joueurs. Théoriquement, ces producteurs-là devraient être payés en fonction des règles de mise en marché dont se sont dotés les producteurs. Donc, c’est le prix courant. […] Dans leur cas, il y aurait eu une pénalité pour produire sans contingent », a dit M. Trépanier. Mais, puisqu’ils contestent la saisie avant jugement du printemps, la FPAQ n’a pas donné un sou aux producteurs. Le statut du sirop est désormais entre les mains du juge Paul-Marcel Bellavance de la Cour supérieure.

 

La FPAQ ne peut réglementer le commerce interprovincial ou international, n’ayant pas compétence dans ce domaine, arguent notamment les producteurs mécontents. La saisie effectuée le 16 avril dernier est du coup illégale.

 

La Fédération s’étonne de l’approche des opposants en ce qui concerne le système de mise en marché. « Cet argument-là a été plaidé à plusieurs reprises devant les tribunaux et on a toujours eu gain de cause », a souligné M. Trépanier. Néanmoins, « c’est un cas qui va faire jurisprudence », a-t-il jugé.

 

La FPAQ est décidée à éradiquer le marché noir du sirop d’érable. « [Les détracteurs] profitent de tout le système sans en payer le prix », a lancé M. Trépanier. La FPAQ investit bon an mal an entre 3 et 4 millions de dollars annuellement en recherche et promotion du sirop d’érable québécois, mais surtout assure une stabilité de son prix de vente. « Malgré une production record, le prix est stable parce qu’on a un mécanisme qui nous permet de pallier les aléas de dame Nature [notamment en recourant au stockage de nombreux barils de sirop lors des bonnes saisons] », a expliqué M. Trépanier. Puisque les acériculteurs peuvent « faire du simple au double de production » d’une année à l’autre, la FPAQ garantit du sirop d’érable en tout temps. Cette situation leur permet de courtiser de nouveaux marchés sans crainte de pouvoir honorer de nouvelles commandes.

 

Le patron de la FPAQ rappelle que ce sont les producteurs acéricoles qui se sont dotés du système de mise en marché. « La Fédération, en étant au service de ces gens-là, a mis en place des outils pour desservir leurs membres. »

3 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 22 août 2013 09 h 58

    Reliquat communiste

    Il faut laisser au producteur leur liberté d'association ou non. La loi va trop loin dans la bureaucratisation des produits de l'érable.

    Mélanger tous les sirop ensemble pour les vendre est à mes yeux totalement ridicule. C'est comme si on prenait tout le vin français pour en faire un vin "communiste" , sans personnalité.

    Au contraire il faut laisser les producteurs développer leur créativité et leur expertise et les laisser libre comme commerçant.

  • - Inscrit 22 août 2013 10 h 27

    enfin

    Après le monopole du Lait, voici le monopole du sirop, mon plus garnd plaisir serait de lire un journaliste qui oserait défier l'UPA en enquêtant sur ce monopole, après la construction, l'UPA?

    • Daniel Vézina - Inscrit 22 août 2013 19 h 07

      Bien d'accord avec vous; d'ailleurs, est-ce que l'on peut parler de la fameuse loi sur la couleur de la margarine, qui a été enfin retirée en 2008, après que les géants producteur d'aujourd'hui, avait les reins assez solide pour porter cette cause en cours suprême ?

      L'UPA, une vraie belle gagne de... encore une autre au Québec finalement...