Immobilier - Les ventes se stabilisent mais les prix augmentent encore

Malgré des signes d’essoufflement du secteur immobilier, le prix de vente moyen des maisons a bondi en une année sur le marché de la revente. Tiré par les ventes dans les marchés du Grand Toronto et du Grand Vancouver, le prix de vente moyen a grimpé de 8,4 % de juillet 2012 à juillet 2013, selon les statistiques dévoilées jeudi par l’Association canadienne de l’immeuble (ACI).

 

Le prix moyen réel - non corrigé des variations saisonnières - des maisons vendues le mois dernier se situait à 382 373 $. « Les ventes dans certains des plus grands et des plus coûteux marchés au Canada avaient commencé à ralentir et à entraîner une baisse du prix moyen des maisons à l’échelle nationale durant la même période l’année dernière. [Mais] l’amélioration récente de l’activité dans ces marchés a contribué à la hausse du prix moyen national en juillet », a indiqué l’économiste en chef de l’ACI, Gregory Klump. « Si l’on exclut le Grand Toronto et le Grand Vancouver des calculs du prix moyen au pays, la hausse se voit réduite de presque 50 % », a-t-il ajouté.

 

L’indice des prix des propriétés MLS, « qui n’est pas touché par les variations dans la composition des ventes, comme l’est le prix moyen »,montre que la croissance annuelle des prix s’est stabilisée entre 2 et 3 %.

 

L’ensemble des secteurs affiche une croissance annuelle des prix - maisons unifamiliales à deux étages (3,3 %), maisons unifamiliales à un étage (2,7 %), copropriétés (1,3 %) et maisons en rangée (1,0 %) - bien que celle-ci ait ralenti dans les secteurs des maisons unifamiliales à un étage et des maisons en rangée. « La progression des prix continue […] à ralentir et un faible recul est même perceptible pour les copropriétés à Montréal », a souligné Desjardins Études économiques dans une note publiée jeudi. Le marché résidentiel « fait une pause », estime l’institution financière.

 

«Une certaine reprise»

 

Les ventes ont augmenté d’un maigre deux dixièmes d’un point de pourcentage de juin à juillet 2013. Elles se maintiennent toujours en dessous des niveaux atteints avant le resserrement des règlements hypothécaires par le gouvernement fédéral l’année dernière. « Le marché résidentiel canadien a amorcé une certaine reprise au cours des derniers mois après avoir baissé dans le sillage du resserrement des règlements hypothécaires et des lignes directrices sur l’octroi des prêts hypothécaires l’année dernière, mais les données de juillet portent à croire que les ventes nationales se sont stabilisées à ce que l’on pourrait qualifier adéquatement de niveaux moyens », a précisé M. Klump. Il entrevoit une hausse des ventes en août 2013 comparativement à août 2012. « Les ventes ont chuté en août l’année dernière ; nous risquons donc de voir le mois prochain quelques hausses des ventes et des prix moyens d’une année à l’autre qui indiqueraient que l’affaiblissement est derrière nous. »

 

Près de 285 000 maisons ont changé de main au pays jusqu’à présent cette année, c’est-à-dire 4,6 % de moins comparativement aux transactions enregistrées au cours des sept premiers mois de l’année 2012.

 

Dans les agglomérations de Toronto et de Vancouver, les augmentations reflètent les tendances des ventes qui avaient déjà commencé à s’affaiblir au cours de la même période l’année dernière.

 

La présidente de l’ACI, Laura Leyser, a observé des « résultats mixtes » en juillet sur le marché résidentiel de la revente. « Certains marchés locaux ont continué de s’améliorer tandis que d’autres ont accusé un certain recul par rapport à des gains récents. […] Parmi les principaux marchés où les ventes ont baissé en juillet, on remarque que l’activité est tout de même plus élevée qu’elle ne l’était au début de l’année. Cela étant dit, les perspectives d’avenir dépendront réellement de l’endroit où vous vous situez », a souligné Laura Leyser.

 

Le nombre de maisons où a été plantée ou placardée une affiche « À vendre » a baissé de 0,4 % de juin à juillet. C’est la baisse des nouveaux mandats accordés aux agences immobilières dans le Grand Toronto qui a fait pencher la balance en territoire légèrement négatif à l’échelle nationale.