Québecor, un deuxième trimestre à l’encre rouge

Les dirigeants de Québecor demeurent néanmoins confiants que la situation se redressera.
Photo: - Archives Le Devoir Les dirigeants de Québecor demeurent néanmoins confiants que la situation se redressera.

La baisse des revenus publicitaires dans le secteur des médias explique en grande partie la perte nette affichée par Québecor au deuxième trimestre.

 

Le géant médiatique québécois a rapporté jeudi une perte nette attribuable aux actionnaires de 45,1 millions, soit 73 ¢ par action, contre un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 65,5 millions, ou 1,02 $ par action, un an plus tôt.

 

« Nos résultats continuent d’être affectés par la faiblesse des revenus publicitaires et des revenus du tirage dans la plupart des marchés urbains et régionaux », a résumé Julie Tremblay, chef de l’exploitation de Corporation Sun Media.

 

Les dirigeants de Québecor demeurent néanmoins confiants que la situation se redressera, notamment grâce aux récentes restructurations du côté de Corporation Sun Media, lesquelles permettront des économies totales annuelles estimées à environ 55 millions.

 

« Les conditions économiques et les défis auxquels est confrontée notre industrie demeurent. Il est difficile de prédire ce que nous réserve le reste de l’année 2013, mais en définitive, l’impact de la restructuration commencera à se faire ressentir avant la fin de l’année », a prédit le président et chef de la direction de Québecor, Robert Dépatie.

 

Corporation Sun Media, une filiale de Québecor Média, a annoncé il y a quelques semaines la suppression de 360 postes à la grandeur du pays et la fermeture de 11 de ses publications.

 

« Nous n’avons pas le choix car si on ne fait pas ça, nous ne survivrons pas », avait alors expliqué Martin Tremblay, vice-président aux Affaires publiques de Québecor Média.

 

Les nouvelles sont meilleures du côté de la division des télécommunications. Celle-ci a affiché une croissance de 30,8 millions (4,8 %) de ses revenus et de 23 millions (7,7 %) de son bénéfice d’exploitation.

 

Et Vidéotron mise beaucoup sur la popularité grandissante de ses forfaits haut de gamme pour téléphones intelligents.

 

La menace Verizon

 

Québecor continue de garder un oeil sur le géant américain Verizon, dont l’arrivée possible dans le marché canadien des télécommunications pourrait brouiller les cartes.

 

Contrairement à Bell Canada et Rogers Communication, qui sont passés à l’offensive à coups de publicités pleine page dans les médias, Québecor s’est montrée un peu plus discrète dans ce dossier.

 

M. Dépatie a néanmoins assuré que son entreprise avait entamé des démarches derrière des portes closes auprès du gouvernement fédéral afin de témoigner de son opposition aux nouvelles règles d’Ottawa.

 

L’entreprise a en outre suggéré qu’elle avait les reins plus solides que ses compétiteurs en raison de l’entente conclue entre Vidéotron et Rogers pour offrir la technologie sans-fil LTE (Long Term Evolution) à un plus grand nombre de clients au Québec et dans la région d’Ottawa.

 

« La raison pour laquelle nous ne parlons pas aussi fort que les autres est que dans notre cas, grâce à la nouvelle entente conclue avec Rogers, nous allons doubler nos capacités et tripler notre couverture », a affirmé M. Dépatie.

 

L’arrivée de Verizon au Canada fait craindre le pire aux fournisseurs nationaux de services sans fil. Historiquement, ceux-ci n’ont pas eu à faire face à la concurrence étrangère en raison de la législation fédérale sur le droit de propriété.

 

La réglementation pourrait ainsi entraîner des conséquences potentiellement « catastrophiques », a déclaré M. Dépatie lors d’une conférence téléphonique qui s’est tenue jeudi, après l’annonce des résultats financiers.

 

«Dans le contexte [de l’arrivée possible de Verizon], nous croyons que les règles d’enchères mises sur pied en 2010 par Industrie Canada, qui visaient à encourager une plus grande concurrence, s’avéreront contre-productives et devraient donc être amendées», a-t-il poursuivi.

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