Sans-fil - La pression sur le fédéral monte d’un cran

Les joueurs canadiens se disent favorables à la concurrence dans le sans-fil, mais souhaitent des règles du jeu équitables pour tous.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Les joueurs canadiens se disent favorables à la concurrence dans le sans-fil, mais souhaitent des règles du jeu équitables pour tous.
Les entreprises de télécommunications et les gens d’affaires ont accentué la pression jeudi sur le gouvernement Harper. À l’approche des prochaines enchères de spectre sans fil particulièrement convoité, le nouveau ministre de l’Industrie, James Moore, est exhorté à corriger immédiatement les failles dans la réglementation actuelle et à prendre « une décision équitable pour tous les Canadiens ».

Bell a lancé une offensive publicitaire musclée dans les médias. Pour sa part, Telus s’en est remise aux tribunaux, demandant à la Cour fédérale d’apporter des clarifications sur la légalité de la décision du gouvernement fédéral de « réécrire les règles en cours liées au transfert de spectre sans fil ». Bell, Telus et Rogers Communication ont aussi reçu l’appui du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier, puis du Conseil canadien des chefs d’entreprise et, jeudi, du président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, qui a déjà été ministre des Communications dans le gouvernement Mulroney. S’ajoute une action concertée sans précédent, les conseils d’administration de Bell, de Telus et de Rogers prenant l’initiative de signer conjointement, en date du 9 juillet, une lettre adressée au premier ministre Stephen Harper.

Nouvelle charge

Jeudi, Bell et Telus sont revenues à la charge en demandant au ministre James Moore «l’examiner soigneusement tous les faits et les points de vue à propos de la prochaine enchère de spectre de 700 MHz […] et de prendre une décision équitable et réfléchie», peut-on lire dans le communiqué de Telus. De son côté, Bell Canada presse le gouvernement fédéral de « corriger immédiatement les failles de sa politique qui favorisent d’importants télécommunicateurs américains au détriment des Canadiens, ainsi que de notre industrie et de notre infrastructure réseau sans fil ».

La veille, le nouveau ministre de l’Industrie avait fait la sourde oreille aux doléances. «Ottawa ne dérogera pas de sa voie en s’assurant que les Canadiens bénéficient d’une industrie des télécommunications concurrentielle», avait-il martelé.

Pour Telus et Bell, les règles actuelles contiennent trois lacunes importantes qui procurent aux géants étrangers comme Verizon des avantages indus par rapport aux entreprises canadiennes. Les joueurs canadiens se disent favorables à la concurrence dans le sans-fil, mais souhaitent des règles du jeu équitables pour tous. Ils ajoutent qu’il devrait être exigé des fournisseurs de services étrangers entrant au Canada de construire leur réseau à la grandeur du pays, comme les entreprises canadiennes.

Et il y a urgence. Si les prochaines enchères sont prévues en janvier, les premières offres peuvent être déposées à partir du 17 septembre. « Il n’y aura aucune possibilité de faire marche arrière une fois que ce sera fait, à moins que le ministre modifie les règles ou retarde les enchères pour avoir le temps d’examiner tous les faits », a souligné Telus.

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