Économie américaine - La Fed réitère son soutien

La faible augmentation de l’indice des prix à la consommation inquiète cependant le comité chargé de la politique monétaire.
Photo: Agence France-Presse (photo) Justin Sullivan La faible augmentation de l’indice des prix à la consommation inquiète cependant le comité chargé de la politique monétaire.

Washington — La Banque centrale américaine (Fed) a annoncé comme prévu mercredi la poursuite de sa politique de soutien exceptionnel à la reprise économique des États-Unis, en notant le rythme « modeste » de l’expansion économique au premier semestre.

 

Le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) maintient le taux directeur proche de zéro ainsi que ses injections massives de liquidités dans le circuit financier d’un montant de 85 milliards de dollars par mois.

 

Le Comité note toutefois, et cela est nouveau, que l’inflation aux États-Unis a été « de façon constante sous son objectif de 2 % », ce qui pourrait « poser des risques » pour les résultats de l’économie. En glissement annuel en juin, la hausse des prix à la consommation s’est établie à 1,8 %, et à 1,6 % si l’on exclut les secteurs volatils de l’énergie et de l’alimentation. La Fed se redit prête à adopter une politique encore plus accommodante en augmentant ses achats d’actifs si une inflation trop basse devenait préoccupante.

 

Léger changement dans leur évaluation de l’expansion de l’économie américaine, les dirigeants de la Banque centrale estiment que le rythme de croissance a été « modeste » au premier semestre, au lieu de « modéré », selon le qualificatif utilisé jusqu’ici. Ils soulignent aussi que les taux d’intérêt sur les crédits immobiliers ont augmenté.

 

La Fed ne donne pas de nouvelles indications sur le calendrier d’une réduction graduelle de ses achats d’actifs qu’elle poursuit en l’état pour l’instant. Le président de l’institution, Ben Bernanke, avait déjà averti que quand le taux de chômage baisserait autour de 7 % dans un contexte de prix stables, la Banque centrale réduirait graduellement ses injections de liquidités, pour les conclure au milieu de 2014.

 

Une voix contre

 

Le FOMC a enfin laissé son taux directeur inchangé entre zéro et 0,25 % comme il le fait depuis fin 2008, et le fera tant que le taux de chômage sera au-dessus de 6,5 % dans un contexte de stabilité des prix. Un seul membre du FOMC a voté contre les décisions du Comité. Esther George, présidente de l’antenne de Kansas City, qui s’était déjà opposée à cette politique ultra-accommodante, estimant qu’elle pouvait susciter de l’inflation.

 

Pour Katherine Smith, analyste chez IHS Global Insight, « la Fed semble regretter d’avoir commencé à parler d’une réduction de sa politique ultra-accommodante […]. Nous continuons à penser qu’elle attendra probablement le début de 2014 » pour réduire ses achats d’actifs.

 

Dean Maki de Barclays, lui, « continue de penser que le FOMC réduira ses achats d’actifs en septembre si les deux prochains rapports sur l’emploi sont raisonnablement bons ».

 

Au deuxième trimestre, la croissance du PIB américain a affiché 1,7 %, un rythme modéré mais plus fort que prévu, selon le département du Commerce. Vendredi, ce sont les chiffres très attendus du chômage et des créations d’emplois qui seront publiés par le département du Travail. Les analystes prévoient un taux de chômage en léger recul à 7,5 % en juillet, avec des créations d’emplois pourtant moins nombreuses qu’en juin à 175 000 contre 195 000.

 

Mercredi, un premier signe de la vitalité du marché de l’emploi a été donné avec la parution de l’enquête ADP sur l’emploi privé, qui montre que les entreprises américaines ont créé 200 000 emplois nets en juillet, soit 17 000 de plus que ne le prévoyaient les analystes. En juin, l’enquête avait comptabilisé 198 000 créations d’emplois privés.

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