L’économie américaine croît plus qu’attendu

Les dépenses des consommateurs américains pour des biens durables, comme des voitures, ont augmenté de 6,5 % comparativement au premier trimestre.
Photo: Agence France-Presse (photo) Spencer Platt Les dépenses des consommateurs américains pour des biens durables, comme des voitures, ont augmenté de 6,5 % comparativement au premier trimestre.

Washington — Le PIB des États-Unis a progressé plus que prévu au deuxième trimestre, affichant une croissance modérée tirée par une accélération des exportations et des investissements, selon la première estimation du département du Commerce publiée mercredi.

 

La croissance du PIB s’est établie à 1,7 % d’avril à juin en rythme annualisé, dépassant la prévision médiane des analystes qui était de 1,1 %. Le ministère a par ailleurs encore révisé en baisse la croissance du PIB du premier trimestre qui s’établit à 1,1 % au lieu de 1,8 % pour la précédente estimation. « La croissance du PIB au deuxième trimestre reflète des contributions positives dans les secteurs des dépenses de consommation, des exportations, des investissements non-résidentiels » notamment, a expliqué le ministère dans un communiqué.

 

La croissance de l’économie américaine a connu un rythme annuel plutôt faible, mais a tout de même été plus solide que lors du trimestre précédent. Les entreprises ont investi davantage, et le gouvernement fédéral a amoindri ses coupes, contrebalançant les dépenses plus faibles des consommateurs. Les données pour la période d’avril à juin indiquent que « la reprise gagne de l’élan », soutient Paul Ashworth, économiste de Capital Economics, dans une note aux clients. Au cours de ce deuxième trimestre, les entreprises ont augmenté leurs dépenses de 4,6 % après les avoir réduites de la même ampleur à la période précédente.

 

Par ailleurs, le gouvernement fédéral a coupé ses dépenses de seulement 1,5 % après les avoir sabrées de 8,4 % au trimestre précédent. Et les gouvernements des États et des municipalités ont dépensé davantage pour la première fois en un an.

 

Le gouvernement a aussi dévoilé mercredi un portrait révisé du PIB, sur plusieurs décennies. Ces données semblent montrer que la Grande Récession n’a pas été aussi profonde que perçu précédemment et que la reprise a été plus forte. Ces révisions indiquent que l’économie a crû de 2,8 % en 2012, en hausse par rapport à une évaluation précédente de 2,2 %.

 

Revenant aux données du deuxième trimestre, l’indice des prix liés aux dépenses de consommation (PCE), une mesure de l’inflation scrutée par la Réserve fédérale, n’a progressé que de 0,3 % au cours du deuxième trimestre, après une hausse de 1,2 % au premier. Hormis les secteurs volatils de l’alimentation et de l’énergie, l’indice des prix liés à la consommation est en hausse de 0,8 % après avoir grimpé de 1,4 % au trimestre précédent.

 

Dépenses de consommation en hausse

 

La croissance du deuxième trimestre reflète des dépenses de consommation qui continuent d’augmenter, même plus modérément, à +1,8 % contre +2,3 % au premier trimestre. Les consommateurs dépensent davantage en biens durables (+6,5 %). La demande finale des consommateurs sur le territoire américain (le PIB moins les stocks) s’inscrit en hausse de 1,3 %. Les revenus des ménages sont en hausse de 4,1 % après une baisse au premier trimestre, tandis que le revenu disponible est aussi en progrès de 3,4 % après une chute de 8,2 %.

 

Même si elles ne compensent pas totalement les importations, les exportations sont en progrès de 5,4 % alors qu’elles avaient reculé au 1er trimestre.

 

Le ministère avertit que pour réaliser cette estimation il n’a disposé pour beaucoup d’indicateurs que des données réelles sur les deux premiers mois du trimestre. La prochaine évaluation du PIB est prévue le 29 août.

 

Il a en outre utilisé pour la première fois mercredi une méthode révisée de sa compilation des chiffres de l’activité économique américaine. Tous les cinq ans, le Bureau des analyses économiques du département du Commerce révise ses critères. Il s’est avéré que la nouvelle méthode relève de 0,3 point de pourcentage l’estimation moyenne de la croissance annuelle du PIB entre 2009 et 2012.

À voir en vidéo