Fraude sur Internet: l’AMF réclame plus de 1,7 million à un individu

L’Autorité des marchés financiers (AMF) intente une poursuite pénale contre Alain André Desarzens, qui aurait pratiqué illégalement la profession de courtier et arnaqué plus de 2500 investisseurs par Internet. L’AMF lui réclame une amende de plus de 1,7 million.

 

Deux chefs d’accusation pour exercice illégal de l’activité de courtier et pour des placements sans prospectus ont été déposés par l’AMF à l’endroit de M. Desarzens dans le district judiciaire de Rimouski. En 2010 seulement, le stratagème mis en place par l’accusé lui aurait permis de mettre la main sur plus de 810 000 $. Selon les informations dont dispose l’AMF, la vaste majorité des investisseurs n’ont pu récupérer leur argent.

 

Le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, indique que M. Desarzens sollicitait les investisseurs par Internet en faisant des envois massifs de courriels à travers le monde. Il proposait alors à ses interlocuteurs d’acheter des parts dans des groupes d’investissement. C’est notamment grâce à la cybersurveillance que l’AMF a pu mettre la main au collet de M. Desarzens.

 

Cybercrime

 

M. Théberge a saisi l’occasion pour lancer un message de prudence à l’endroit de tous les investisseurs qui sont sollicités par courriel et par l’entremise des médias sociaux. Lorsque l’offre provient d’une personne inconnue, que les profits projetés sont faramineux ou que l’on demande une action rapide de la part de l’investisseur, il est recommandé de vérifier auprès de l’AMF si le courtier est bel et bien enregistré.

 

Au fil des ans, les agences de réglementation multiplient leur message. Dernier phénomène à la mode ? Les réseaux sociaux, de véritables passoires pour les placements frauduleux sur Internet.

 

Rappelons qu’un sondage SOM réalisé en avril 2012 faisait ressortir que 78 % des 1006 répondants estimaient qu’il est peu ou pas du tout probable qu’ils soient un jour victimes d’une fraude financière. Ce niveau de confiance augmentait chez les répondants les plus fortunés, 87 % d’entre eux affirmant qu’il est peu probable, ou improbable, qu’ils soient la cible d’une fraude.

 

Les statistiques démontrent pourtant qu’un Canadien sur 20 a déjà été victime d’une fraude financière. Et le quart des victimes se font escroquer plus d’une fois. La moitié de ces victimes ont rencontré le fraudeur par l’entremise d’une personne de confiance (ami, collègue de travail ou membre de la famille). Au demeurant, les investisseurs canadiens en quête d’information financière perçoivent les ressources en ligne comme étant plus crédibles (38 %) que la famille et les amis (30 %).

 

Réseaux sociaux

 

Cela dit, phénomène plus récent, les réseaux sociaux deviennent une source d’information toujours plus reconnue, notamment chez les plus jeunes. Selon un sondage du Groupe Investors réalisé en 2011, « les jeunes de 18 à 29 ans posent un regard plus positif sur les réseaux sociaux populaires sur le Web puisque 30 % d’entre eux considèrent Facebook comme une source d’information utile, 25 % ont la même opinion sur Twitter et 72 % citent les blogues financiers comme sources d’information utiles ».

 

Et l’on ne parle pas de l’hameçonnage, une tactique souvent tentée recherchant un vol d’identité. On parle, ici, d’un courriel provenant d’un site ressemblant à s’y méprendre à un site officiel d’une institution financière qui invite à cliquer sur un lien conduisant à un faux site Web. L’investisseur est invité à y inscrire des renseignements financiers personnels.

 

L’AMF ne cesse de rappeler que les réseaux sociaux peuvent s’avérer un terrain fertile pour les fraudeurs. Ils permettent « de rejoindre à faible coût un grand nombre de victimes potentielles, d’échanger avec des victimes potentielles sous le couvert de l’anonymat ou sous une fausse identité, de mener des opérations illégales de manipulation de marché en propageant de fausses rumeurs à propos de certains investissements pour en augmenter artificiellement la valeur et les revendre à profit, ou d’y publier des hyperliens qui dirigent les victimes sur de faux sites en apparence identiques à des sites légitimes ».

 

Selon le sondage SOM publié en 2011, moins d’un répondant sur deux se méfierait d’une offre d’investissement offrant un rendement de 2 % par mois, soit près de 27 % sur une base annuelle.

 

Autrement dit, 40 % des répondants disent qu’une telle offre est une proposition intéressante ou une occasion à ne pas manquer.


Avec La Presse canadienne

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