Le prix du brut s’envole

New York – Les cours du brut coté à New York ont clôturé vendredi pour la première fois en presque trois ans au-dessus de ceux du Brent londonien, dopés par un optimisme croissant pour la demande américaine en brut et la décongestion progressive d’un grand terminal pétrolier

Le baril de « light sweet crude » (WTI), qui a atteint jusqu’à 109,32 $US dans la matinée, a clôturé à 108,05 $US, ne grappillant que 1 ¢ par rapport à la veille, mais terminant au-dessus du Brent de la mer du Nord pour la première fois depuis le 16 août 2010. « La prime sur les prix du Brent, qui se réduisait comme peau de chagrin depuis quelques jours, a complètement disparu », a commenté Matt Smith, de Schneider Electric.

L’or noir américain, qui évoluait historiquement au-dessus du Brent en raison de sa qualité légèrement supérieure, souffrait depuis mi-août 2010 d’une décote à cause de l’engorgement à Cushing dans l’Oklahoma du brut servant de référence pour le WTI. 

Mais depuis quelques mois, de nettes améliorations logistiques pour l’acheminement du brut ont occasionné une baisse des stocks à Cushing : les réserves de brut à ce terminal pétrolier sont passées de près de 52 millions de barils en janvier, un niveau record depuis le début du recensement de ces stocks en 2004, à 46 millions de barils la semaine dernière.

Et à l’échelle du pays, les stocks de brut, qui avaient atteint des niveaux records en plus de 80 ans fin mai, selon un barème mensuel du ministère de l’Énergie américain, ont nettement reculé depuis, dégringolant de 27 millions de barils au cours des trois dernières semaines.

« Avec l’espoir que le désengorgement de Cushing se poursuive, les investisseurs qui s’étaient réfugiés vers le Brent reviennent en masse vers ce brut », considéré de bonne qualité par les experts, a expliqué quant à lui Matt Smith, de Schneider Electric.

En conséquence, la demande des raffineries américaines, notamment dans le golfe du Mexique, est en constante augmentation. Et, en période de vacances estivales, la consommation d’essence augmente, accentuant l’optimisme des courtiers sur la demande en brut du premier consommateur mondial de la planète.

« Mais le problème d’engorgement du brut aux États-Unis n’est pas pour autant complètement résolu, et il ne serait pas étonnant que le Brent reprenne le dessus la semaine prochaine », a tempéré James Williams, de WTRG Economics.

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