Au tour des banques anglaises d’inquiéter le FMI

Le FMI encourage aussi le gouvernement à vendre ses parts dans Royal Bank of Scotland et Lloyds Banking Group, qui avaient été sauvées à grands frais lors de la crise financière. Des manifestants demandaient la même chose en juin dernier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Andrew Cowie Le FMI encourage aussi le gouvernement à vendre ses parts dans Royal Bank of Scotland et Lloyds Banking Group, qui avaient été sauvées à grands frais lors de la crise financière. Des manifestants demandaient la même chose en juin dernier.

Londres – Le Fonds monétaire international (FMI) a pressé mercredi le Royaume-Uni de renforcer un secteur bancaire qui montre des signes de fragilité, alors que la reprise économique dans ce pays demeure faible et incertaine.

 

« Restaurer le secteur financier, y compris en abordant la question des actifs bancaires, est une condition préalable d’une reprise durable », a estimé Krishna Srinivasan, le chef de mission du FMI dans le pays, à l’issue d’une visite annuelle. Le responsable s’inquiète en effet de la « santé des banques » britanniques et de la « faiblesse de leurs bilans ainsi que l’inadéquation des fonds propres ».

 

Ces déclarations surviennent alors que la Banque d’Angleterre avait estimé en juin les besoins de renforcement des fonds propres des grands établissements britanniques à 27,1 milliards de livres au total.

 

M. Srinivasan prône des augmentations de capital, la réduction des dividendes payés aux actionnaires des banques, une rémunération des banquiers plus mesurée, le tout en assurant des prêts aux entreprises et aux ménages pour soutenir l’économie. Comme il l’avait déjà fait en mai, le FMI encourage aussi le gouvernement à vendre ses parts dans Royal Bank of Scotland (RBS) et Lloyds Banking Group (LBG), qui avaient été sauvées à grands frais lors de la crise financière.

 

Faible reprise

 

L’institution de Washington estime une nouvelle fois que la reprise reste « faible » dans le pays et la croissance freinée par l’austérité drastique mise en place par le gouvernement pour réduire les déficits. La croissance du Royaume-Uni a péniblement atteint un maigre 0,2 % l’an dernier et pourrait s’établir à 0,9 % en 2013, sous réserve d’une nouvelle dégradation de la situation économique dans la zone euro voisine. Le FMI presse donc encore le gouvernement du premier ministre David Cameron de relancer la croissance avec des investissements importants ciblés dans les infrastructures.

 

Le gouvernement, encouragé par la bonne surprise d’une croissance de 0,3 % au premier trimestre qui lui a évité une nouvelle récession, a aussitôt réagi pour assurer qu’il allait poursuivre sa politique. « Nous allons continuer à nous attaquer frontalement aux problèmes qui se sont accumulés au fil des ans, avec une stratégie macroéconomique crédible consistant en un activisme monétaire pour aider à maintenir les taux d’intérêts bas, des réformes structurelles pour rééquilibrer l’économie ainsi qu’à la responsabilité budgétaire pour régler le problème du déficit », a assuré un porte-parole du Trésor.

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