Sombres perspectives pour les chômeurs européens

La situation des jeunes inquiète particulièrement l’OCDE puisque, dans certains pays, le taux de chômage dépasse les 40 %. Ci-dessus, des Portugais manifestent contre les effets de la troïka sur l’emploi.
Photo: Agence France-Presse (photo) Henrique Da Cunha La situation des jeunes inquiète particulièrement l’OCDE puisque, dans certains pays, le taux de chômage dépasse les 40 %. Ci-dessus, des Portugais manifestent contre les effets de la troïka sur l’emploi.

Pas d’embellie pour l’emploi en 2014 : selon l’OCDE, le chômage devrait atteindre un niveau record de 12,3 % dans la zone euro à la fin de l’année prochaine, l’organisation internationale appelant les États à « redoubler d’efforts » pour endiguer celui des jeunes.

 

À l’avant-veille d’une réunion des ministres du Travail du G20 à Moscou, l’Organisation de coopération et de développement économiques met en évidence des « écarts importants et croissants entre les pays ».

 

Le chômage devrait grimper autour de 28 % à la fin de 2014 en Espagne et en Grèce, pays les plus durement touchés, et dépasser le seuil des 11 % en France. À l’opposé, l’Allemagne devrait voir son taux passer en deçà de 5 %.

 

48 millions de chômeurs

 

Globalement, d’après les « perspectives de l’emploi 2013 », le taux de chômage moyen des 34 pays de la zone OCDE, les plus riches de la planète, ne devrait « reculer que légèrement » au cours des 18 prochains mois, passant de 8 % en mai 2013 à 7,8 % à la fin de 2014. Au total, environ 48 millions de personnes - soit presque 16 millions de plus qu’en 2007, avant la crise - sont sans emploi dans la zone OCDE. Cette année, des taux de chômage inférieurs à 5 % sont enregistrés dans seulement cinq États : Autriche, Corée du Sud, Japon, Norvège et Suisse.

 

« Les cicatrices sociales de la crise sont loin de s’effacer. Nombre de nos pays membres sont toujours confrontés à un chômage élevé et persistant, notamment chez les jeunes », estime Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE, cité dans un communiqué.

 

Fin mai, les pays membre se sont engagés dans « un plan d’action » à « accélérer » leurs efforts pour « s’attaquer au chômage élevé des jeunes et renforcer leurs systèmes éducatifs » (garantie de ressources aux jeunes chômeurs, mesures pour réduire le taux d’abandon scolaire…). L’OCDE note que les taux de chômage des jeunes se situent toujours à des « niveaux sans précédent » dans de nombreux pays, à commencer par ceux du sud de l’Europe : plus de 60 % en Grèce, 55 % en Espagne et 40 % environ en Italie et au Portugal.

 

Les dépenses en faveur des chômeurs en baisse de 20 %

 

« S’il y a eu des signes encourageants de reprise de la croissance de l’emploi aux États-Unis, cette tendance a été contrebalancée par le retour de la récession dans la zone euro, associée à un taux de chômage qui a continué à augmenter, atteignant le niveau record de 12,1 % en avril 2013 », souligne Stefano Scarpetta, chef de la direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales, dans le rapport.

 

Les personnes en contrat précaire, en particulier les jeunes et les travailleurs peu qualifiés, « ont souvent été les premiers à être licenciés lorsque la crise a débuté, et ont depuis de sérieuses difficultés à retrouver un emploi », note l’OCDE, qui tire également le signal d’alarme sur la situation des chômeurs de longue durée. « Un nombre croissant de personnes ayant été longtemps au chômage pendant la crise risque de perdre leurs droits aux allocations chômage et de devoir se contenter d’une aide sociale moins généreuse », dit l’OCDE. Selon elle, « il sera peut-être nécessaire de renforcer les prestations de revenu minimum ».

 

L’OCDE insiste aussi sur la nécessité de renforcer les politiques visant à aider les chômeurs à trouver un emploi (aide à la recherche d’emploi, formation), « tout en veillant à ce que ces initiatives bénéficient de financements suffisants ». D’après l’organisme, « les dépenses consacrées aux chômeurs ont nettement diminué depuis le depuis le début de la crise, de près de 20 % par chômeur en moyenne dans l’OCDE, à mesure que les tensions s’accumulent sur les budgets publics ».

 

In fine, « les travailleurs âgés s’en sortent mieux pendant la crise, puisque leur taux d’emploi augmente ou ne baisse que légèrement ». Selon l’OCDE, cela ne se fait toutefois « pas au détriment des jeunes ».

 

 

Le taux de chômage du Canada, qui se situait à 7,1 % au premier trimestre de cette année, devrait chuter à 6,7 % d’ici la fin de 2014. L’OCDE souligne que le Canada continue de devancer plusieurs pays membres mais qu’il ne s’est pas encore remis complètement de la crise financière de 2008-2009, alors que le taux de chômage se situait à 6,1 %.

 

L’organisation a aussi observé que le nombre de personnes sans emploi depuis plus d’un an a presque doublé au Canada depuis le début de la récession. Elle avance que les employeurs préfèrent souvent embaucher de jeunes personnes qui font leur entrée sur le marché du travail et des gens qui ont été au chômage pendant une courte période.

 

Selon le rapport, le taux de chômage devrait diminuer aux États-Unis, passant de 7,6 % en mai 2013 à moins de 7 % fin 2014.

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Baisse attendue du taux de chômage au Canada et aux États-Unis

Paris — L’OCDE s’attend à une baisse du taux de chômage au Canada et aux États-Unis d’ici à la fin de l’an prochain.

Le taux de chômage du Canada, qui se situait à 7,1 % au premier trimestre de cette an- née, devrait chuter à 6,7 % d’ici la fin de 2014. L’OCDE souligne que le Canada continue de devancer plusieurs pays membres mais qu’il ne s’est pas encore remis complètement de la crise financière de 2008-2009, alors que le taux de chômage se situait à 6,1 %. L’organisation a aussi observé que le nombre de personnes sans emploi depuis plus d’un an a presque doublé au Canada depuis le début de la récession. Elle avance que les employeurs préfèrent souvent embaucher de jeunes personnes qui font leur entrée sur le marché du travail et des gens qui ont été au chômage pendant une courte période. 

Selon le rapport, le taux de chômage devrait diminuer aux États-Unis, passant de 7,6% en mai 2013 à moins de 7% fin 2014.


La Presse canadienne