Croissance économique - Au tour des pays émergents d’être happés par le ralentissement


	L’Inde a enregistré en 2012-2013 sa plus faible croissance depuis dix ans, avec un taux de 5 %.
Photo: Agence France-Presse (photo) Roberto Schmidt
L’Inde a enregistré en 2012-2013 sa plus faible croissance depuis dix ans, avec un taux de 5 %.

Paris – La Chine, qui annoncera lundi le chiffre de sa croissance au second trimestre, n’est pas le seul pays émergent membre du club des Brics à être touché par le ralentissement économique.

L’Inde a enregistré en 2012-2013 sa plus faible croissance depuis dix ans, avec un taux de 5 %, sous l’effet conjugué d’investissements atones, d’un fort taux d’inflation et de taux d’intérêt élevés. L’apathie de la demande mondiale a aussi contribué à ralentir l’activité de la troisième puissance économique d’Asie.

Le gouvernement espère atteindre une croissance d’au moins 6 % pour l’exercice budgétaire en cours, mais bien loin des solides 9 % enregistrés ces dernières années et qui faisaient la fierté des autorités d’un pays émergent se rêvant en nouvelle puissance mondiale.
 
En avril, l’inflation a ralenti sous les 5 % pour la première fois depuis 2009, faisant espérer un assouplissement de la politique monétaire qui permettrait de stimuler l’économie.

Le premier ministre du gouvernement de centre gauche, Manmohan Singh, a lancé un « big bang » des réformes à l’automne dernier visant à libéraliser davantage l’économie, en ouvrant des secteurs clé aux investissements directs étrangers (comme la grande distribution, l’aérien, les assurances, l’épargne-retraite) mais les analystes estiment que les effets tardent à se faire sentir.

Même si les chiffres de la croissance indienne peuvent paraître enviables au regard des taux des pays développés, le gouvernement estime qu’il faudrait que l’Inde atteigne le seuil des 10 % de croissance pour pouvoir lutter efficacement contre la pauvreté qui touche des centaines de millions d’habitants et pour créer de nouveaux emplois.

L’activité a fortement ralenti ces derniers mois en Russie, où le gouvernement ne prévoit plus que 2,4 % de croissance sur 2013, après 3,4 % en 2012. La croissance s’élevait en moyenne autour de 7 % à 8 % entre 2000 et 2008. La production industrielle s’est notamment repliée en début d’année pour la première fois depuis 2009.

Les autorités comme les économistes imputent ce coup de frein en premier lieu à la crise qui persiste en zone euro, où se trouvent les principaux partenaires commerciaux de la Russie.
 
La plupart des experts relèvent cependant que le potentiel de croissance du pays est diminué par la persistance d’une bureaucratie et d’une corruption pesantes, voire par l’interventionnisme des autorités.
 
Le FMI, qui a abaissé sa prévision de croissance en juin à 2,5 % pour 2013, estime que l’économie russe fonctionne actuellement au maximum de ses capacités faute d’investissements supplémentaires et demande à Moscou des réformes pour soutenir l’activité et rendre son économie moins dépendante aux hydrocarbures.

Vladimir Poutine a annoncé fin juin un vaste plan d’investissements dans les infrastructures pour relancer la croissance.

Le pays tourne au ralenti. Fin juin, la Banque centrale a réduit sa prévision de croissance du PIB pour 2013 de 3,1 % à 2,7 % et a relevé sa prévision d’inflation à 6 % (contre 4,5 % au début de l’année).
 
De plus, le FMI a réduit mardi sa prévision de croissance à 2,5 % en 2013 et 3,2 % en 2014, soit de 0,5 et 0,8 point de pourcentage respectivement par rapport à sa prévision d’avril. La révision à la baisse de 0,8 points de pourcentage en 2014 est la plus forte de tous les pays.

En 2012, la croissance du PIB a atteint un piètre 0,9 % contre 2,7 % en 2011 et 7,5 % en 2010.
 
« Le Brésil pâtit de la mauvaise passe de l’économie mondiale, avec la récession dans la zone euro, la récupération lente des USA et le ralentissement de la Chine », a expliqué à l’AFP Felipe Queiroz, analyste de l’agence de notation financière brésilienne Austin Rating.

En juin, quand le pays a été secoué par une fronde sociale contre la hausse des transports et pour l’amélioration des services publics (santé, éducation) et la fin de la corruption en politique, la hausse des prix a atteint 6,7 % sur un an, au-dessus du plafond fixé par le gouvernement à 6,5 %.

La Banque centrale du Brésil a élevé mercredi soir de 0,5 point à 8,5 % son taux d’intérêt directeur, une décision destinée à freiner l’inflation et qui signale une inquiétude plus grande vis-à-vis de la hausse des prix que vis-à-vis de la faible croissance, selon Felipe Queiroz.
 
Alors que l’Afrique subsaharienne est en plein essor, l’économie sud-africaine n’arrive pas à décoller, affectée notamment par la situation en Europe, son principal partenaire commercial.
 
La plus puissante économie d’Afrique devrait croître d’un modeste 2,0 % cette année et de 2,9 % en 2014 — après 2,5 % en 2012 —, selon le FMI qui a sévèrement baissé ses prévisions mardi.
 
La croissance sud-africaine est jugée très insuffisante pour réduire les inégalités et faire baisser un taux de chômage qui tourne officiellement autour de 25 % de la population active. S’ajoutent des problèmes intérieurs : la consommation et les investissements privés sont en berne, la politique économique du gouvernement est difficile à suivre et le climat social reste particulièrement tendu après la vague de grèves qui a affecté les mines, l’agriculture et les transports l’an dernier.

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