Le Portugal veut reporter la révision de la troïka

Lisbonne — Le gouvernement portugais a demandé jeudi le report à la fin d’août ou au début de septembre de la prochaine évaluation des comptes du Portugal par la «troïka» (UE-FMI-BCE), représentant les créanciers du pays, en raison de la crise politique qu’il traverse.


Le pays était confronté jeudi au risque de replonger dans le flou politique après le soutien en demi-teinte accordé au gouvernement par le président, qui a défendu un compromis droite-gauche assorti d’élections législatives anticipées dans un an.


Le silence du chef de l’État sur le remaniement ministériel voulu par le premier ministre, Pedro Passos Coelho, a été interprété comme un refus de l’accord censé assurer la survie de la majorité parlementaire formée par le Parti social-démocrate (PSD, centre droit) M. Passos Coelho et le CDS-PP, la formation conservatrice de M. Portas.


Cet accord prévoyait le maintien de M. Portas au gouvernement, promu au rang de vice-premier ministre en charge de la coordination économique et des relations avec la « troïka » UE-BCE-FMI qui représente les créanciers du Portugal.


La solution préconisée par le chef de l’État a donc provoqué surprise et scepticisme parmi les analystes et les commentateurs, qui estiment qu’elle risque de prolonger la crise politique. « Un président qui nous plonge dans le doute », titrait le quotidien Diario de Noticias dans son éditorial : « En donnant la priorité au moyen terme, le président n’a pas réglé le court terme », a-t-il regretté.


Le chef de l’État a « désavoué le premier ministre », a estimé son concurrent Publico. « Nous sommes devant un gouvernement fragilisé auquel le président n’accorde ni confiance ni crédibilité », a renchéri Antonio José Teixeira, directeur de la chaîne d’information Sic Noticias.


La Bourse de Lisbonne a perdu 2 % jeudi à la clôture tandis que les taux d’emprunt à 10 ans du Portugal se tendaient à près de 7 %.