Accord de sortie de crise au Portugal

Le Parti communiste et les mouvements syndicaux poursuivent les manifestations pour réclamer la démission du gouvernement. La CGTP a appelé à manifester samedi devant le palais présidentiel.
Photo: Agence France-Presse (photo) Francisco Leong Le Parti communiste et les mouvements syndicaux poursuivent les manifestations pour réclamer la démission du gouvernement. La CGTP a appelé à manifester samedi devant le palais présidentiel.

Lisbonne — La coalition de droite au pouvoir au Portugal est parvenue vendredi à un accord pour assurer la survie du gouvernement, déstabilisé depuis le début de la semaine par une crise politique majeure qui inquiétait ses créanciers internationaux.


Après 48 heures d’intenses négociations, « le premier ministre a présenté aujourd’hui [vendredi] au président de la République [Anibal Cavaco Silva] un accord politique conclu avec le chef du CDS-PP », Paulo Portas, son partenaire de coalition et ministre des Affaires étrangères démissionnaire, a indiqué le cabinet du chef du gouvernement. « Les directions des deux partis de la coalition se réuniront samedi en fin d’après-midi et feront ensuite une déclaration », a ajouté son service de presse, sans autre précision.


Jeudi soir, à l’issue d’une première audience avec le président Anibal Cavaco Silva, qui dispose du pouvoir de dissoudre le Parlement et doit donc cautionner tout accord de gouvernement, M. Passos Coelho avait déjà dit avoir trouvé une « formule » pour surmonter la crise. Le premier ministre avait toutefois précisé qu’elle ferait encore l’objet de discussions, laissant supposer que le chef de l’État n’avait pas été convaincu par cette première « formule ».

 

Poursuivre les efforts


Le président entamera lundi des consultations avec les partis représentés au Parlement, à commencer par ceux de l’extrême gauche qui, comme l’opposition socialiste, réclament la démission du gouvernement et la convocation d’élections législatives anticipées.


Tout au long de la semaine, des responsables européens ont appelé le Portugal à poursuivre ses efforts d’assainissement financier dans le cadre du plan d’aide de 78 milliards d’euros accordé par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, censé aboutir en juin 2014.


Mais le pays peine à freiner son endettement par le biais d’une sévère cure d’austérité qui a aggravé davantage que prévu la récession économique et le chômage, tout en provoquant un fort mécontentement social.


La CGTP, principale confédération syndicale de pays, et divers mouvements citoyens s’opposant à la mise sous tutelle financière du Portugal ont appelé à manifester samedi après-midi devant le palais présidentiel pour réclamer la démission du gouvernement.


« L’instabilité politique au Portugal résulte essentiellement de tensions accrues par la récession économique, la hausse du chômage et la nécessité pour le gouvernement de continuer à appliquer de nouvelles mesures afin de respecter les objectifs du programme », a analysé vendredi l’agence de notation financière Standard and Poor’s en annonçant l’abaissement de la perspective de la note de la dette souveraine du pays de « stable » à « négative ».


La « troïka » UE-BCE-FMI représentant les créanciers du Portugal, qui a déjà assoupli ses objectifs budgétaires à deux reprises, doit entamer le 15 juillet un nouvel examen du plan de réformes avec pour plat de résistance un projet de réforme de l’État visant à réduire les dépenses publiques de 4,7 milliards d’euros supplémentaires.