Hôtel Delta: le mystère se poursuit

Environ 350 personnes travaillent à l’hôtel Delta Centre-Ville, soit 300 syndiqués et une cinquantaine de cadres. Il ne faut pas le confondre avec un autre hôtel de la chaîne, le Delta Montréal, situé plus au nord en plein centre-ville.
Photo: - Le Devoir Environ 350 personnes travaillent à l’hôtel Delta Centre-Ville, soit 300 syndiqués et une cinquantaine de cadres. Il ne faut pas le confondre avec un autre hôtel de la chaîne, le Delta Montréal, situé plus au nord en plein centre-ville.

Deux jours après l’annonce de la fermeture de l’hôtel Delta Centre-Ville, le rideau se lève à peine sur l’identité de l’acheteur qui veut donner à l’établissement montréalais une nouvelle vocation à partir d’octobre 2013.


Selon les informations constatées vendredi par Les Affaires au registre des entreprises, la société à numéro du groupe InnVest qui possédait l’hôtel (3530094 Canada inc.) appartient désormais à DCV Holdings LP, enregistrée à l’île Jersey.


Le nouveau président de la société à numéro, Farrokh Zahedi, a indiqué au journal financier qu’il n’est que « directeur » de la compagnie, mais a déclaré que la tour hôtelière de 30 étages n’abritera pas de copropriétés.


Toujours selon le registre des entreprises du Québec, DCV Holdings LP a été inscrite le 26 juin dernier et est associée à deux autres compagnies de la même case postale à l’île Jersey, soit CSH Management Three Limited et DCV Capital LP.


La chaîne Delta a indiqué mardi qu’elle devra fermer les portes de l’hôtel de la rue University parce que le propriétaire, la société torontoise InnVest, s’en est départi à la suite d’un examen stratégique de ses propriétés immobilières.


InnVest s’était gardée de révéler l’identité de l’acheteur, se limitant à dire qu’il s’agissait d’une « coentreprise internationale ».


En raison du statut de l’île Jersey, il est impossible, à moins d’une annonce publique, de savoir qui se trouve véritablement derrière la transaction. L’île Jersey est une dépendance britannique située dans la Manche. Reconnue pour son absence d’impôt, elle s’est récemment fait dire par le premier ministre britannique de commencer à lever le rideau sur le secret de la propriété des entreprises et de la fiscalité.


350 employés


Environ 350 personnes travaillent à l’hôtel Delta Centre-Ville, soit 300 syndiqués et une cinquantaine de cadres. Il ne faut pas le confondre avec un autre hôtel de la chaîne, le Delta Montréal, situé plus au nord en plein centre-ville.


« Delta continuera à gérer l’hôtel jusqu’à sa fermeture, le 31 octobre 2013. Le nouveau propriétaire transformera ensuite l’établissement qui servira à un autre usage », a alors indiqué la chaîne hôtelière.


InnVest avait jusqu’ici rénové 150 des quelque 700 chambres de l’hôtel avant de décider de le vendre, a indiqué au Devoir le vice-président régional aux opérations de Delta pour le Québec et Ottawa, Raymond Larrivée.


L’édifice est entre autres caractérisé par un restaurant panoramique au dernier étage, qui tourne pour offrir des vues sur Montréal. Mais il est plus petit que certains autres trônant dans le secteur. Construit en 1977, il fait 108 mètres de haut. C’est deux fois moins que la Tour de la Bourse juste à côté, laquelle atteint 190 mètres.


Dans un forum Internet dédié à la discussion de projets immobiliers (mtlurb.com), un participant s’est amusé à avancer quelques hypothèses de conversion : résidence pour personnes âgées, « appart hôtel » ou même clinique privée.


Le rôle foncier de la Ville de Montréal évalue l’immeuble à 61 millions, soit 16 millions pour le terrain et 45 millions pour l’édifice.


Le syndicat des employés de l’hôtel, affiliés à la CSN, a signé en septembre 2012 une convention collective qui devait venir à échéance seulement en 2016.


Plusieurs vies


Baptisé Regency Hyatt puis Régence Hyatt, l’hôtel Delta Centre-Ville a eu plusieurs noms et plusieurs propriétaires. Après l’épisode Hyatt, il est devenu successivement l’hôtel Le Grand, a fait partie du réseau des Auberges des Gouverneurs et a ensuite été baptisé Hôtel des Gouverneurs-Le Grand. Dans les années 90, pour ne nommer que cette époque, il est devenu le Radisson Gouverneurs, propriété d’une filiale du Canadien Pacifique.


Un autre hôtel de Montréal a récemment fait l’objet de travaux majeurs pour modifier son usage initial : le Ritz-Carlton. Après plusieurs années de travaux qui ont coûté 200 millions, l’hôtel de la rue Sherbrooke est passé de 230 chambres à 130 et compte 45 nouvelles résidences de luxe dont le prix oscille entre 1,3 million et 15 millions.

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