Grand hôtel deviendra…?

L’entreprise hôtelière a confirmé que l’hôtel était rentable et qu’elle n’a pas participé à la décision de vendre l’immeuble.
Photo: - Le Devoir L’entreprise hôtelière a confirmé que l’hôtel était rentable et qu’elle n’a pas participé à la décision de vendre l’immeuble.

Des condos ? Un mélange de bureaux et de résidences luxueuses ? Environ 350 employés de l’hôtel Delta Centre-Ville doivent chercher du travail ailleurs, puisque le propriétaire de l’établissement montréalais vient de vendre l’édifice à une société qui va le fermer pour lui donner un autre usage.

La société torontoise InnVest a vendu l’édifice, bâti en 1977, et un autre hôtel de Sherbrooke à deux acheteurs différents pour une somme globale de 77,1 millions, selon ce qu’elle a annoncé mercredi. Au rôle foncier de Montréal, le Delta Centre-Ville est évalué à 61 millions (à ne pas confondre avec le Delta Montréal, situé plus au nord sur l’avenue du Président-Kennedy).

L’affaire a un côté mystérieux : l’acheteur de l’hôtel montréalais — dont les vues du Vieux-Montréal et du fleuve sont superbes, comme c’est le cas pour les gratte-ciel du secteur — demeure anonyme pour l’instant en raison d’un accord de confidentialité avec InnVest.

Même une recherche au Bureau de la publicité des droits, qui donne accès au Registre foncier du Québec, s’est avérée infructueuse, le personnel soupçonnant que les documents notariés n’ont pas encore été transmis.

« Le Delta Centre-Ville a été acquis par une coentreprise internationale », s’est limitée à dire InnVest dans un communiqué. Un appel logé aux bureaux de la compagnie à Toronto pour en savoir davantage a été suivi d’un rappel du cabinet de relations publiques National.

« Par l’entremise de ses filiales opérantes, InnVest va continuer de superviser l’immeuble et Delta va gérer l’hôtel jusqu’au 31 octobre 2013, date à laquelle l’hôtel sera converti à un usage alternatif », a ajouté InnVest. La rénovation et la conversion d’hôtels, pour en faire un mélange de condos et de chambres à louer, ne sont pas rares. Le dernier à l’avoir fait est le Ritz-Carlton, de la rue Sherbrooke.
 
Pas déficitaire

L’hôtel compte environ 300 syndiqués (CSN) et une cinquantaine de cadres, a dit Raymond Larivée, le vice-président régional aux opérations de Delta pour le Québec et Ottawa.

InnVest avait commencé à rénover l’immeuble et complété jusqu’ici la réfection de 150 des quelque 700 chambres. Au début de 2013, a dit M. Larivée au Devoir, InnVest a fait savoir qu’elle souhaitait se départir de l’hôtel. L’établissement n’est pas déficitaire, a-t-il déclaré.

« On ne sait pas ce que l’acheteur va faire avec l’hôtel », a dit M. Larivée, qui dit avoir appris la nouvelle mardi. Les employés ont été convoqués à une assemblée dès le lendemain, soit mercredi.

L’hôtel est connu pour le rôle qu’il joue lors du Grand Prix de Formule 1 : il héberge de nombreux touristes venus pour la course, mais sert aussi de point de départ pour les navettes vers l’île Notre-Dame et le circuit Gilles-Villeneuve.

Delta gère l’hôtel depuis 1999, la compagnie insistant dans un communiqué sur le fait qu’elle « n’a pas participé à la décision de vendre ou de fermer l’établissement ».

« Nous sommes profondément désolés pour les employés touchés par cette décision et nous les soutiendrons tout au long de la période de transition. Nous leur offrirons des services d’orientation professionnelle par l’entremise de la firme internationale Lee Hecht Harrison, spécialisée dans la mobilité des talents, et nous essaierons également de les réaffecter ailleurs, dans la mesure du possible », a ajouté Delta.

Le syndicat de l’hôtel a signé une nouvelle convention collective en septembre 2012. Il est notoire que l’industrie hôtelière est marquée par une main-d’œuvre fortement composée de communautés culturelles.

La convention collective indique que le salaire horaire d’un préposé aux chambres est présentement de 20,58 $. Un chasseur fait 17,43 $, alors qu’un serveur de service aux chambres fait 15,42 $.

À voir en vidéo