L’Union européenne presse encore Ottawa de conclure un accord de libre-échange

C’est notamment la question de l’ouverture aux exportations de bœuf canadien qui bloque la conclusion d’un accord.
Photo: La Presse canadienne (photo) Troy Fleece C’est notamment la question de l’ouverture aux exportations de bœuf canadien qui bloque la conclusion d’un accord.

Ottawa — L’Union européenne (UE) accentue de nouveau la pression sur le Canada afin de conclure les négociations en vue d’un accord de libre-échange, alors que les négociateurs doivent se rencontrer la semaine prochaine à Ottawa.


Matthias Brinkmann, l’ambassadeur de l’UE au Canada, a indiqué mercredi avoir bon espoir qu’une entente puisse être finalisée, possiblement avant la fin de l’été.


Il y a quatre mois, les astres semblaient alignés pour que les négociations, qui traînaient en longueur, parviennent à leur conclusion, lorsque les ministres du Commerce et de l’Agriculture se sont rencontrés à Ottawa. L’entente espérée ne s’est cependant pas encore matérialisée.


L’ambassadeur précise que la « fenêtre d’opportunité » pour conclure l’entente était en voie de se refermer, rappelant que la grande partie du continent européen ferme boutique en août pour les vacances d’été. M. Brinkmann a également rappelé qu’aucune discussion n’était prévue au cours des prochaines semaines.


Un porte-parole du ministre du Commerce international, Ed Fast, a toutefois assuré que les négociateurs prévoyaient de se rencontrer à Ottawa la semaine prochaine, mais n’a pas donné plus de détails.


Dans un courriel, Rudy Husny a expliqué que « le Canada a présenté des offres fermes, de bonne foi, et s’attend à ce que l’UE en fasse autant ». M. Brinkmann a pour sa part confirmé que l’une des pierres d’achoppement était la demande d’Ottawa pour l’ouverture des marchés européens aux exportations de boeuf canadien, refusant toutefois d’indiquer ce qu’offraient les négociateurs européens.


Alors que l’Europe et les États-Unis s’apprêtent à entamer leurs propres négociations pour un accord de libre-échange, certains analystes ont prédit que les discussions avec Ottawa seront reléguées à l’arrière-plan, un élément que le Canada devrait envisager, laisse entendre l’ambassadeur. « Je crois que personne ne refusera de conclure cette entente. Les investissements déjà consentis sont trop importants », a-t-il dit.


Négociations UE-É-U


Pendant ce temps les négociations entre les États-Unis et l’Union européenne sur un accord de libre-échange démarreront bien la semaine prochaine, mais en parallèle des groupes de travail doivent clarifier l’ampleur de l’espionnage pratiqué par les Américains, a annoncé mercredi José Manuel Barroso.


« Nous avons convenu aujourd’hui de la chose suivante : nous croyons à la relation transatlantique […] mais nous voulons dans le même temps des groupes de travail », qui analysent l’impact des pratiques d’espionnage américaines, a dit M. Barroso à Berlin à l’issue d’une rencontre avec 18 chefs d’État et de gouvernement de l’UE consacrée au chômage. « La France et l’Allemagne soutiennent pleinement cette approche », a-t-il ajouté alors que Paris et Berlin avaient exprimé un différend sur la marche à suivre. Selon M. Barroso, les États-Unis auraient déjà manifesté leur accord pour la mise en place de tels groupes de travail.


Selon des sources diplomatiques aux États-Unis, les discussions seront lancées lundi 8 juillet à Washington au ministère américain du Commerce extérieur (USTR) sans personnalités politiques de premier plan mais en présence notamment des deux négociateurs en chef, Dan Mullaney côté américain et Ignacio Garcia Bercero pour l’UE.