Le gardien français de la concurrence perquisitionne chez Apple

Des employés du distributeur agréé ICLG manifestaient en décembre dernier pour attirer l’attention sur leurs piètres conditions de travail. La société mère qui détenait auparavant les distributeurs a été liquidée en mai 2012, et le p.-d.g. avait blâmé « le comportement déloyal d’Apple ».
Photo: Agence France-Presse (photo) Martin Bureau Des employés du distributeur agréé ICLG manifestaient en décembre dernier pour attirer l’attention sur leurs piètres conditions de travail. La société mère qui détenait auparavant les distributeurs a été liquidée en mai 2012, et le p.-d.g. avait blâmé « le comportement déloyal d’Apple ».

Paris — L’Autorité française de la concurrence a annoncé mardi avoir mené plusieurs perquisitions dans les locaux d’Apple France et de plusieurs de ses distributeurs en milieu de semaine dernière, refusant de donner d’autres détails.


Un porte-parole a précisé à l’AFP qu’il faudrait attendre la fin de l’instruction, qui devrait prendre plusieurs mois, pour connaître les détails de l’affaire, en particulier le motif et l’origine de la saisine de l’Autorité de la concurrence, ou encore le nombre de locaux perquisitionnés. Contacté par l’AFP, Apple n’a pas souhaité faire de commentaires.

 

Pression sur les distributeurs


Selon le quotidien économique Les Échos, les enquêteurs «s’intéresseraient aux relations d’Apple avec ses distributeurs» qui seraient «totalement dans la main d’Apple, qui leur imposerait des conditions drastiques, notamment sur le prix de vente de ses produits». Des conditions, a ajouté le journal, qui «seraient même anti-concurrentielles».


Le géant américain a fait face en avril 2012 à sa première plainte en France pour concurrence déloyale, abus de position dominante et abus de dépendance économique émanant de son premier revendeur exclusif, la société eBizcuss. Cette société, qui vendait les produits de la marque à la pomme dans ses 15 magasins sous enseigne ICLG, a déposé plainte auprès du tribunal de commerce de Paris contre Apple et a parallèlement saisi l’Autorité de la concurrence.


Plus gros revendeur agréé «Apple Premium Reseller» (APR) en France où il employait 130 personnes, eBizcuss avait sollicité peu après son placement en redressement judiciaire, une situation imputée à l’époque par son p.-d.g. François Prudent au «comportement totalement déloyal» d’Apple. La liquidation a été prononcée le 31 mai 2012.

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