BlackBerry n’arrive pas à rallumer la flamme

Photo: La Presse canadienne (photo) Graeme Roy

N’ayant rien de spectaculaire à montrer aux investisseurs et engourdie par une nouvelle perte nette au premier trimestre, la direction de BlackBerry a vu l’action de l’entreprise plonger de 26 % vendredi après la publication d’états financiers évitant de dire avec précision si le nouvel appareil BlackBerry 10 connaît ou pas le succès escompté.

L’entreprise ontarienne, qui tente de raviver l’intérêt des consommateurs et des marchés, a enregistré un chiffre d’affaires de 3,1 milliards, en hausse de 9 % depuis un an. Mais le peu de rentabilité qu’elle affichait cet hiver a fondu : le trimestre s’est soldé par une perte de 84 millions.


« Nous avons continué de miser nos efforts sur la mise en marché mondiale de la nouvelle plateforme BlackBerry 10 », a dit le président de la compagnie, Thorten Heins, en parlant du nouvel appareil sur lequel parie BlackBerry pour la ramener au statut de joueur d’influence dont elle jouissait dans les années 2000 avant l’arrivée de l’iPhone.


Joueur marginal sur le marché des tablettes, BlackBerry en a vendu 100 000 au cours du trimestre, contre 6,8 millions de téléphones. Près de 44 % des revenus proviennent de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Afrique, comparativement à 25 % qui viennent de l’Amérique du Nord. En guise de comparaison, Apple a expédié plus de 35 millions de téléphones à son plus récent trimestre.


Données sommaires


Si les documents officiels se gardent de ventiler les ventes par catégories de téléphones, M. Heins a dit lors d’une conférence téléphonique avec des analystes que 40 % des téléphones « livrés » aux commerçants et fournisseurs - donc pas nécessairement dans les mains des usagers - fonctionnent avec la plateforme BB10. En d’autres termes, cela signifie que 40 % des téléphones vendus au premier trimestre étaient ceux de la nouvelle génération.


De plus, l’entreprise n’a pas précisé le nombre d’abonnés qui constituent maintenant son bassin d’usagers. Au trimestre précédent, elle avait affirmé qu’il s’élevait à 76 millions, en baisse de 3 millions sur trois mois.


Les téléphones Q10 (avec clavier) et Z10 (sans clavier) constituent la pierre angulaire de ce que tente de faire BlackBerry pour sauver sa marque et son avenir, une opération délicate que le site spécialisé techcrunch.com qualifie de « la mère de tous les virages à 180 degrés ».


L’ensemble des informations a fait en sorte que les actionnaires se sont rués vers la porte de sortie. L’action, qui a maintenant perdu 90 % sur cinq ans malgré un gain de 17 % depuis juin 2012, s’est effondrée de 26 %, à 11,08 $, à la Bourse de Toronto. La valeur boursière de l’entreprise se situe maintenant à 5,8 milliards. Sur le Nasdaq, la chute a été de 28 %.


En raison notamment de la concurrence dans le marché des téléphones intelligents, la compagnie affirme qu’il est difficile de faire des prévisions quant au nombre d’appareils qui pourraient trouver preneur au cours du deuxième trimestre. Elle sait déjà, reconnaît-elle dans ses documents, que le trimestre en question sera marqué par une perte d’exploitation.


Pendant la conférence téléphonique avec les analystes, par ailleurs, le président a dit que la nouvelle mouture de la plateforme d’exploitation, appelée BB10, ne sera pas disponible pour les tablettes PlayBook. La performance de l’appareil, que l’entreprise va continuer de soutenir, n’a pas été concluante avec le BB10, a dit Thorsten Heins.

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