Libre-échange Canada-UE - «Le traité est bien vivant», affirme Lisée

Jean-François Lisée
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Jean-François Lisée

Paris — Au terme d’une mission économique et politique en Allemagne, en Belgique et en France, le ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur du Québec, Jean-François Lisée, revient convaincu que les négociations de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne ne sont ni au point mort ni sur le point d’échouer.


Le 3 juin dernier, le père de ces négociations, l’ancien premier ministre Jean Charest, avait déclaré sur RDI que si elles n’arrivaient pas à terme avant le sommet du G8, les 17 et 18 juin derniers, elles pourraient échouer. Le Canada, disait-il, pourrait alors être entraîné dans une négociation à trois, puisque l’Union européenne a annoncé au G8 l’ouverture de négociations avec les États-Unis.


« Le traité est bien vivant et j’ai pu vérifier en Allemagne, en Belgique et ici [en France] la volonté des autorités politiques de voir cet accord atterrir », dit Jean-François Lisée. Même s’il admet que le retard des négociations n'« est pas une bonne nouvelle » et qu'« il y a beaucoup de frustration », le ministre revient d’Europe convaincu que la « volonté de régler » est réelle.


Selon lui, le danger évoqué par Jean Charest d’être entraîné dans une négociation à trois est parfaitement hypothétique. « Même dans la logique de la conclusion d’une entente avec les États-Unis, dit-il, le domino canadien doit tomber d’abord. […] Sinon, les Américains pourront toujours dire [aux Européens] que s’ils n’ont pas réussi avec les Canadiens, c’est bien la preuve qu’ils en demandent trop et qu’il n’y a pas d’accord possible. »


Les responsables politiques qu’il a rencontrés en Europe ne croient pas que l’Union européenne pourra s’entendre avec les États-Unis avant le Canada sur des sujets aussi controversés que le boeuf et les marchés publics, dit-il. « Les Européens voient bien que la discussion avec les Américains va être longue et semée d’embûches. […] Ils comprennent très bien l’énorme degré de difficulté de l’accord avec les États-Unis. »


Selon le ministre, il n’y a donc pas à craindre que le Canada soit utilisé comme un pion dans ces négociations. Si les Européens ne s’entendent pas avec les Canadiens sur le boeuf et les marchés publics, demande-t-il, comment feront-ils pour s’entendre avec les Américains ?


Le turban


Le ministre conclut aujourd’hui une mission économique avec une dizaine d’industriels québécois du secteur des transports électriques. Mardi, à Paris, il rencontrait et dînait avec la ministre française des Sports et de la Jeunesse, Valérie Fourneyron, qui s’est opposée au port de signes religieux dans les équipes sportives françaises. Le ministre n’excluait pas de discuter avec elle, de manière « informelle »,précise-t-il, de l’incident provoqué par les footballeurs sikhs au Québec.


« La grande différence entre la France et le Québec, dit le ministre, c’est que la France est souveraine et que sa fédération sportive peut prendre des décisions, même parfois en contradiction avec la FIFA, et que ces décisions sont respectées. »

3 commentaires
  • Richard Laroche - Inscrit 26 juin 2013 09 h 59

    La fausse représentation

    Je veux lire ce traité et l'approuver avant que vous puissiez le signer en mon nom, bande d'hypocrites.

    Pourquoi vous nous le cachez, ce traité? Qui cherchez-vous à favoriser et au détriment de qui?

    Ces accords commerciaux ne sont qu'une manière mensongère de manipuler les marchés pour le compte de ceux qui ont assez de tentacules pour influencer vos négociations soit-disant "confidentielles".

  • André Le Belge - Inscrit 26 juin 2013 11 h 22

    Et les effets collatéraux?

    Monsieur Lisée me semble être myope ou ignorant au sujet des conséquences de tels accords. On n'a qu'à voir l'union Européenne livrée, pieds et poings liés, à l'oligarchie sans foi ni loi où les seuls résultats sont finaciers où l'humain n'a plus sa place!
    Monsieur Lisée serait-il atteint de "tremblayite"?

  • Guy Lavoie - Inscrit 26 juin 2013 18 h 13

    «Le traité est bien vivant» (JFL) ... Mais pour qui?

    «Le traité est bien vivant», affirme Lisée. Pour lui, certes. Il est loin d'en aller ainsi pour nous. Au contraire, le peuple reste maintenu bien à l'écart.
    Le silence de mort et le secret entourant ce traité sont incompatibles avec la démocratie réelle, qui n'est point celle de Marché mais celle-là seule qui peut se revendiquer encore de la souveraineté populaire fort honnêtement. Manifestement, le ministre Lisée n'a cure de cette dernière.
    Pourquoi l'encomdrerait-elle? Si tel n'était pas le cas, il divulguerait toutes les informations relatives à ce traité, le traité lui-même, bien avant de signer quoi que ce soit au nom de cette souveraineté populaire même .
    Son gouvernement n'a, pas plus que le précédent, obtenu du peuple mandat de signer cet accord à ce jour.