Sunwing a le pied sur l’accélérateur... de manière réfléchie

Sam Char, directeur exécutif du Groupe de voyage Sunwing, et Marie-Josée Carrière, superviseure marketing de Vacances Sunwing
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Sam Char, directeur exécutif du Groupe de voyage Sunwing, et Marie-Josée Carrière, superviseure marketing de Vacances Sunwing

Dans une industrie où le thème de la restructuration est récurrent, la croissance est plutôt rapide chez Sunwing. Elle se poursuivra l’hiver prochain, le pied sur l’accélérateur mais de manière réfléchie, dit Sam Char. Avec l’arrivée d’Air Canada rouge, et la pression exercée par ces nouveaux touristes venant des pays émergents s’appropriant rapidement le Sud, « chaque hiver est un défi. Mais nous savons en quoi consiste prendre des risques », martèle celui qui dirige les activités du voyagiste au Québec.

La saison 2012-2013 ayant affiché complet, Sunwing ajoutera l’hiver prochain de nouvelles destinations vers les Caraïbes en vols directs à partir de Montréal. Le voyagiste annonce également une plus grande fréquence de vols vers les destinations populaires en République dominicaine, à Cuba, à Cancún et à Riviera Maya. Le service pourra atteindre jusqu’à deux vols par jour, et comprendre des vols de nuit à prix sensiblement plus bas. « On poursuit notre croissance organique. Et quelle que soit la forme que peut prendre la concurrence, notre coût du siège par milles offerts sera le plus économique sur le marché », a souligné Sam Char, directeur exécutif du Groupe de voyage Sunwing.


Disposant d’une flotte homogène et d’une infrastructure légère, Sunwing est dirigée par une équipe d’entrepreneurs ayant, pour la plupart, exploité leur propre entreprise avant de se joindre au voyagiste. « Ils savent ce qu’est prendre des risques. Ils savent, aussi, qu’une entreprise privée ne peut se permettre de perdre de l’argent. On doit exercer un contrôle serré de nos dépenses, d’autant que l’on oeuvre dans une industrie où ils seraient nombreux à se satisfaire d’une marge bénéficiaire de 3 %. Le rendement sur investissement est beaucoup plus grand dans l’immobilier. »

 

Mode croissance accélérée


Sam Char vit en mode croissance rapide, qui s’est accélérée depuis l’arrivée du géant britannique dans l’actionnariat de Sunwing, en janvier 2010. « Depuis, nous avons intégré la marque Signature. D’une unité, nous sommes passés à une demi-douzaine d’entités. Nous exploitions sept avions et affichions un chiffre d’affaires de près de 700 millions il y a trois ans. Aujourd’hui, notre flotte en comprend une trentaine et notre chiffre d’affaires frôle le 1,5 milliard. Tout cela avec la même équipe de direction. »


« Au Québec, notre équipe compte aujourd’hui 650 employés. Nous desservons cinq aéroports et maintenons une base à Québec, avec 100 personnes, où nous sommes en activité l’année durant. Les repas et cafés servis à bord viennent d’entreprises du Québec. Nous sommes aussi devenus le plus grand voyagiste au monde à Cuba… Tout cela pour dire que notre venue au Québec a apporté une offre différente. Et le consommateur a répondu présent. »


Une des grandes nouveautés cette année est l’offre hôtelière exclusive de Sunwing, de plus en plus musclée depuis deux ans. « Sous la marque Signature, nous offrons 34 hôtels Riu en exclusivité, forts de notre partenariat avec Tui. Les marques haut de gamme Palace et Hard Rock s’y ajoutent. Nous revenons avec la formule Collection, jouant la carte de la segmentation. Cet éventail s’élargit avec notre marque maison, Blue Diamond. Services spécialisés, pour les mariages à destination, pour les groupes étudiants ou les entreprises, vacances flexibles d’une durée de 2 à 14 nuits, vols réguliers sous parapluie « charter » avec un vol par jour pour certaines destinations… Toujours le même thème : la valeur ajoutée à tarif abordable », a énuméré Marie-Josée Carrière, superviseure marketing de Vacances Sunwing. « Notamment, les vacances de trois ou quatre jours sont très appréciées des professionnels ou cadres dont l’agenda est chargé, qui nous disent pouvoir ainsi voyager deux fois par année. »


Cette carte hôtelière élargie est d’autant plus pertinente que l’industrie fait face à une nouvelle réalité imposée par le développement d’une classe moyenne dans les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). « L’hiver prochain, sur Punta Cana, entre 14 et 16 vols par semaine vont venir de la Russie, en gros-porteur, a illustré Sam Char. Cette nouvelle clientèle touristique peut constituer une menace pour nous, les voyagistes. Il faut protéger nos arrières. L’exclusivité nous aide. » Marie-Josée Carrière de renchérir : « L’exclusivité hôtelière et la différenciation sont devenues le nerf de la guerre. »


Quant à l’arrivée d’Air Canada rouge, Sam Char ne s’en fait pas. « On a appris à vivre avec la concurrence, ce qui ne nous empêche pas d’être rentables depuis nos débuts, ce qui est plutôt rare. On s’adaptera. Nous, nous nous occupons de nos clients, de notre personnel. On continue d’être créatifs et de prendre nos décisions dans la même journée. Tant que nous aurons cette force… Dans notre industrie, chaque hiver est un défi », répète-t-il.

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