Wall Street ébranlée par la Fed

La simple idée que la banque centrale mette un frein à son concours financier énorme à l’économie américaine a fait vaciller Wall Street.
Photo: Richard Drew Associated Press La simple idée que la banque centrale mette un frein à son concours financier énorme à l’économie américaine a fait vaciller Wall Street.

New York – Wall Street a enregistré sa pire séance de l’année jeudi, son indice phare le Dow Jones chutant de plus de 2 % après l’évocation par la banque centrale américaine (Fed) d’un possible ralentissement de son soutien massif à l’économie.


Le Dow Jones a abandonné 2,3 % ou 352,11 points à 14 760,08 points. Il faut remonter au 7 novembre 2012, au lendemain de la réélection de Barack Obama à la présidence des États-Unis, pour retrouver une chute de plus grande ampleur en pourcentage (-2,4 %) et au 9 novembre 2011 en points, quand le Dow Jones avait chuté de 389,24 points ou 3,2 %.


L’indice Standard & Poor’s 500 a perdu 2,5 % ou 40,74 points, à 1588,19 points.


« L’effet post-Bernanke se poursuit, c’est un carnage », a commenté Peter Cardillo, économiste en chef chez Rockwell Global Capital.


Le président de la Fed, Ben Bernanke, a prévenu mercredi à l’issue d’une réunion de politique monétaire très attendue que son institution allait probablement ralentir ses rachats d’actifs sur le marché d’ici la fin de l’année et y mettre fin en 2014.


La simple idée que la banque centrale mette un frein à son concours financier énorme à l’économie américaine a fait vaciller Wall Street, comme l’ensemble des marchés mondiaux. La place financière new-yorkaise a notamment réagi aux commentaires de M. Bernanke « en faisant bondir l’indice de volatilité », à son plus haut depuis le début de l’année, « et les taux obligataires », deux mouvements « qui pèsent fortement sur le marché action », a remarqué M. Cardillo.


Taux hypothécaires


Au Canada l’indice composé S P/TSX a culbuté de 299,71 points, soit 2,4 %, pour terminer la journée à 11 968,57 points. Depuis le début de l’année, l’indice de référence du parquet torontois cumule un recul de 465 points, soit 3,75 %.


Les banques ont également annoncé une nouvelle hausse de leurs taux hypothécaires de l’ordre de 10 à 20 points de base, pour les échéances de quatre ans et plus.


Dans ce mouvement d’inquiétude généralisé, les marchés « ont ignoré le point positif dans le plan de la Fed », soutient Ishaq Siddiqi, stratégiste chez ETX Capital.


La Réserve fédérale table en effet sur une amélioration prochaine de la situation économique aux États-Unis, condition sine qua non à tout changement de politique monétaire.

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